Politique

Tunisie : la tragédie de Zarzis, symbole d’une absence totale de politique migratoire

Le 18 octobre, 7 000 personnes ont manifesté et soutenu le mouvement de grève lancé par l’UGTT à Zarzis. La ville côtière exprimait sa colère face à l’incapacité des autorités à gérer les conséquences de la migration irrégulière, après la mort tragique de 18 habitants de la ville qui avaient tenté, fin septembre, la traversée vers Lampedusa.

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Mis à jour le 20 octobre 2022 à 12:45

Les funérailles d’un migrant tunisien retrouvé en mer, dans la ville côtière de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, le 18 octobre 2022. © FATHI NASRI/AFP

L’histoire est tragiquement banale surtout dans cette vaste zone maritime située au large de Zarzis, dans le sud tunisien, et des côtes libyennes. Passage obligé de la migration clandestine, l’endroit bat tous les records mondiaux de mortalité, devançant même la frontière americano-mexicaine. Le 21 septembre, le temps est splendide quand une embarcation met le cap sur l’île italienne de Lampedusa. C’est un passeur bien connu, “El Barizi” (le Parisien), qui a organisé la traversée pour un groupe de 18 personnes, toutes venues du même quartier de Zarzis.

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Quelques heures après le départ, les proches perdent tout contact avec l’embarcation et alertent les autorités locales, qui ne réagissent pas. Les familles, qui savent que la mer restitue souvent les corps, scrutent le rivage. Celui de Malek, 23 ans, finit par s’échouer sur une plage de Djerba. Le téléphone retrouvé dans sa poche montre