Politique

Maroc-France : le départ de Mohamed Benchaâboun, un pas de plus dans le malaise diplomatique

Nommé en octobre 2021, l’ambassadeur du royaume à Paris est déjà de retour à Rabat où il va prendre la direction du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Si elle n’est pas officiellement présentée comme un rappel, la décision est symboliquement lourde de sens dans un contexte de tension persistante avec Paris.

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Mis à jour le 22 octobre 2022 à 06:55

Mohamed Benchaâboun, alors ministre marocain de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration, le 3 février 2020. © MOHAMED DRISSI KAMILI pour JA

Le 18 octobre dans la soirée, un communiqué du porte-parole du Palais royal Abdelhak El Merini diffusé par l’agence officielle MAP annonce la nomination en conseil des ministres, présidé par le roi Mohammed VI à Rabat, de Mohammed Benchaâboun à la tête du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Un changement de poste de celui qui était jusque-là ambassadeur du royaume à Paris, survenant dans un contexte de crise entre le Maroc et la France, et qui comporte une très forte charge symbolique.

Car si Benchaâboun, en tant qu’ancien ministre des Finances et ex-patron de la BCP (Banque centrale populaire), a le profil idoine pour diriger cette structure appelée à jouer un rôle clé dans la relance post-Covid, son départ de la capitale française, un an à peine après son arrivée à cette chancellerie, sonne comme un rappel qui ne dirait pas son nom.

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« Nous sommes clairement entrés dans une guerre de symboles, commente un fin connaisseur de la diplomatie marocaine. Après les restrictions autour des visas, mesure punitive et vexatoire visant avant tout les hauts responsables marocains, et voulue par Emmanuel Macron lui-même, et l’absence totale d’égards aux us et coutumes du royaume, ce dont témoigne à la fois le gap entre les profils de diplomates envoyés par Paris et ceux diligentés par Rabat, il est normal que le Maroc, très attaché à l’idée de la réciprocité des relations, procède à une sorte de rééquilibrage par le bas. »