Société

Maroc-France : la justice rejette la requête en révision d’Omar Raddad

Jeudi 13 octobre, la commission d’instruction a rejeté la demande de révision du procès de l’ancien jardinier franco-marocain condamné en 1994 à 18 ans de réclusion pour le meurtre de Ghislaine Marchal.

Mis à jour le 13 octobre 2022 à 16:08

Omar Raddad, à Paris, le 25 novembre 2021. © Alain JOCARD/AFP

Serait-ce l’épilogue d’un feuilleton judiciaire qui dure depuis maintenant vingt-huit ans ? Jeudi 13 octobre, la commission d’instruction de la Cour de révision a rejeté la requête en révision de l’ancien jardinier franco-marocain. Ce dernier avait pourtant vu sa demande de réexamen du dossier approuvée en décembre 2021.

Dans un communiqué, la Cour de révision rappelle que cette décision « ne porte pas sur la culpabilité ou l’innocence de la personne condamnée » et « se limite à déterminer si les éléments nouveaux peuvent permettre à la Cour de révision et de réexamen de remplir son office ».

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L’avocate d’Omar Raddad, Maître Sylvie Noachovitch, s’est dite « scandalisée par cette décision qui ne respecte pas la loi de 2014, qui permet la révision en cas de simple doute ». « Il s’agit de l’une des plus grandes erreurs [judiciaires] du XXIe siècle. Je ne lâcherai jamais Omar Raddad », a-t-elle ajouté à la sortie de l’audience.

Quatre ADN

Condamné en 1994 à 18 ans de réclusion sans possibilité de faire appel pour le meurtre de Ghislaine Marchal, son ancienne patronne, assassinée en 1991 à Mougins, Omar Raddad avait été partiellement gracié par le président Jacques Chirac, à la demande du roi Hassan II. Il n’a jamais cessé de clamer son innocence.

Sa demande de révision s’appuyait en partie sur les progrès de la science dont les avancées permettent maintenant, ce qui n’était pas possible lors du premier procès, d’examiner quatre ADN inconnus, dont un présent plus de trente-cinq fois sur la scène de crime. Ainsi que sur les conclusions d’une enquête parallèle menée par des gendarmes qui mettent en cause deux autres suspects, aujourd’hui décédés.

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Selon son avocate, Omar Raddad, âgé aujourd’hui de 60 ans, ne s’est jamais véritablement remis cette affaire, et vit reclus dans son appartement de Toulon. Maître Noachovitch a annoncé qu’elle allait saisir la Cour européenne des droits de l’homme.