Politique

Guinée équatoriale : d’Obiang à Obiang, un dernier scrutin avant la succession

Ce 20 novembre, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est une nouvelle fois candidat à sa propre succession lors de l’élection présidentielle en Guinée équatoriale. En attendant de passer le relais à son fils, Teodorín, qui piaffe d’impatience.

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Mis à jour le 20 novembre 2022 à 10:08

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (au centre), au siège de l’UA, à Addis-Abeba, le 10 février 2020. © Michael Tewelde/AFP

En cette soirée du 3 août 1979, difficile de savoir combien d’Équato-Guinéens écoutent Radio Malabo. Depuis de longs mois, au sein même de la capitale, une bonne partie des foyers peine à avoir accès à l’électricité. L’eau potable, elle, coule à peine deux heures par jour. Sur le coup de 20 heures, une voix au timbre martial retentit pourtant sur les ondes de la première radio du pays. « Depuis près de onze ans, le peuple de la République de Guinée équatoriale subit la situation chaotique imposée par le régime dictatorial du président Macías Nguema Biyogo, qui a plongé le pays dans un état d’anarchie totale, fait de terreur, d’assassinats, de mauvaise gestion et de misère », débute-t-elle.

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Puis le couperet tombe : « À l’aube, un Conseil militaire a décidé de prendre le pouvoir. » Un nom, celui du nouvel homme fort de Malabo, vient clore l’intervention radiodiffusée, tel une signature : « Monsieur le lieutenant-colonel, vice-ministre des Armées, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. »

Ce militaire de carrière, neveu du chef de l’État renversé, vient de conquérir la présidence. Depuis Malabo, d’où il a mené le putsch tout en se ménageant une possibilité de fuite en cas d’échec, il mate en quelques semaines la résistance des troupes loyales à Macías Nguema Biyogo. Ce dernier, arrêté puis jugé, sera exécuté le 29 septembre. C’était il y a quarante-trois ans.

« Aucun suspense »

Les nuits de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 80 ans, sont aujourd’hui moins fébriles. Le 23 septembre dernier, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) l’a désigné, à l’unanimité, comme candidat à sa propre succession. La présidentielle qui doit se tenir le 20 novembre est jouée d’avance.

Presque totalement muselée, l’opposition ne devrait jouer qu’un rôle mineur lors du scrutin, bien que le PDGE ait cherché à favoriser les candidatures de partis « tolérés » afin de donner à l’exercice un vernis pluraliste.

D’abord hésitante, la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), unique formation d’opposition disposant d’une existence légale, a finalement choisi de présenter Andrés Esono Ondo, tandis que Buenaventura Monsuy Asumu portera les couleurs du Parti de la coalition sociale et démocrate, en réalité allié du PDGE lors des derniers scrutins locaux.

Le jeu politique se dispute à l’intérieur du camp présidentiel