Économie

Lufthansa Group : « Investir dans une compagnie africaine ? Et pourquoi pas ? »

Brussels Airlines, Lufthansa, Swiss ou Edelweiss : comment gère-t-on les vols vers l’Afrique en cas de coup d’État ou de pénurie de kérosène ? Comment minimise-t-on le risque commercial à l’ouverture d’une nouvelle ligne ? Éléments de réponse avec Philippe Saeys-Desmedt, directeur des ventes pour l’Afrique subsaharienne du groupe allemand.

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Par - envoyée spéciale à Bruxelles
Mis à jour le 18 octobre 2022 à 16:35

Philippe Saeys-Desmedt est le directeur des ventes pour l’Afrique subsaharienne du Groupe Lufthansa depuis 2018. © Jessica Hilltout

C’est au siège de Brussels Airlines – des bureaux paysagers à quelques encablures de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem – que Philippe Saeys-Desmedt, directeur des ventes pour l’Afrique subsaharienne du groupe Lufthansa depuis novembre 2018, nous reçoit.

Pas de changement géographique, donc, pour celui qui était, avant l’acquisition de 100 % de Brussels Airlines par le groupe Lufthansa (qui comprend, outre la compagnie allemande éponyme, Austrian, Swiss, Edelweiss ou encore Eurowings Discover), le vice-président pour l’Afrique du pavillon belge.

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Et pour cause : Brussels Airlines se voulant le navire amiral du groupe sur le continent, c’est depuis le « centre de compétences » de Bruxelles qu’est géré l’ensemble des destinations africaines, toutes compagnies confondues. Un rapprochement qui s’est fait dès octobre 2018 entre les services commerciaux, progressivement rejoints en 2021 et 2022 par les services de gestion du réseau, de la tarification, de la gestion des recettes et enfin du marketing – seuls les équipages, correspondant au certificat de transporteur aérien (AOC) de chacune des compagnies, restent dans les bases opérationnelles respectives des différents pavillons. Une centralisation bénéfique pour la rapidité de la prise de décision, se félicite notre interlocuteur. Rencontre.

Jeune Afrique : Moins de trois mois après son retour à Ouagadougou, le 10 juin, Brussels Airlines a dû interrompre sa desserte en raison du coup d’État du 30 septembre. Comment gère-t-on ce type de problème ?

Philippe Saeys-Desmedt : On peut opérer aussi longtemps que les autorités aéronautiques d’un pays gardent la frontière aérienne ouverte. En général, les situations de fermeture de frontières ne durent pas très longtemps.

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