Politique

Les coulisses du sommet de l’UA des 27 et 28 janvier 2013

Mis à jour le 14 février 2013 à 07:28

Les chef d’État du continent se sont réunis les 27 et 28 janvier à Addis-Abeba. Retour sur les coulisses du sommet de l’Union africaine.

Kibaki cynique

Le 27 janvier, le président kényan Mwai Kibaki a pris la parole pour faire ses adieux à ses pairs. En dépit de l’émotion, il ne s’est pas départi de son mordant. « Le 4 mars prochain, des élections générales vont se tenir au Kenya, et pour la première fois depuis trente ans, il n’y aura pas de bulletins au nom de Kibaki ! »

Le fantôme de Kadhafi

La délégation libyenne, soutenue par la Tunisie et l’Égypte, a tenté de rayer le nom de Kadhafi du document en préparation pour le cinquantenaire de l’organisation panafricaine, qui sera célébré en mai prochain. « Il n’a rien à y faire, ont expliqué les Libyens. C’était un dictateur, un tyran, et il n’est même pas membre fondateur de l’OUA. » Les pays qui ont vécu le Printemps arabe ont proposé une alternative : mentionner la Libye. Mais ils n’ont pas eu gain de cause, car plusieurs délégations, dont la guinéenne, ont plaidé pour le maintien de Kadhafi. « Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il fait partie de l’histoire de l’OUA », a tranché un ex-secrétaire général de l’organisation.

Allô ! C’est François

François Hollande a téléphoné le 28 janvier à Dioncounda Traoré, présent à Addis-Abeba, pour lui annoncer la reprise de Gao. Il a aussi passé un coup de fil à Mahamadou Issoufou, le président du Niger, dont les troupes sont engagées sur le terrain. Un jour plus tôt, il avait contacté David Cameron, le Premier ministre britannique, et Barack Obama, le président américain, pour les tenir informés des opérations de reconquête militaire. Entre les appels et les réunions du conseil de défense, François Hollande consacre entre une et deux heures par jour à la crise malienne. Chaque matin, à son arrivée à l’Élysée, le général Benoît Puga, son chef d’état-major particulier, lui fait le point sur la situation.

L’Onu et les drones

Alors que des voix dénoncent le fait que l’Afrique puisse être le nouveau champ d’expérimentation des drones, l’ONU révise son vocable. « Il s’agit d’engins de surveillance aériens sans pilote », indique Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint de l’organisation et patron des opérations de maintien de la paix. Aucun des pays que l’ONU a sollicités n’a pour l’instant accepté d’en fournir pour survoler les frontières de la RD Congo. Ladsous va donc prochainement lancer un appel d’offres auprès de sociétés privées.

L’heure, c’est l’heure !

On se demande comment les dirigeants africains ont pu terminer leurs travaux à l’heure pendant le sommet. C’est simple, un nouveau système électronique a été mis en place. Les présidents ont cinq minutes pour faire leurs interventions et trois minutes lorsqu’ils demandent la parole durant un débat. Pas une de plus – leur micro est automatiquement coupé. Plusieurs d’entre eux en ont fait l’amère expérience.

Obiang le diplomate

Le président équato-guinéen a invité ses pairs à se rendre au prochain sommet Afrique-Amérique du Sud (ASA), qui aura lieu à Malabo du 20 au 23 février 2013 et portera sur l’adoption des stratégies et ressources communes pour la coopération Sud-Sud. La Guinée équatoriale vient d’envoyer une délégation au Brésil pour en achever les préparatifs. El presidente a aussi proposé, lors d’une rencontre avec Michel Sidibé, le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé de la lutte contre le sida, de créer une usine de fabrication d’antiviraux en Afrique. Il s’est également engagé à financer des séminaires de travail pour les magistrats de la Cour africaine des droits de l’homme et leurs homologues des juridictions nationales, en octobre. Il a enfin suggéré aux dix pays du continent devant élaborer des propositions sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU de ne pas exiger de siège avec droit de veto afin de ne pas heurter les cinq membres permanents. Il prône dans un premier temps un statut de membre permanent pour les Africains.

ADO aux Brics ?

La délégation russe présente à Addis-Abeba a invité Alassane Dramane Ouattara (ADO) à la prochaine réunion des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) les 26 et 27 mars, à Durban. Le président ivoirien a aussi vu en tête-à-tête Ban Ki-moon, Nkosazana Dlamini-Zuma, le secrétaire d’État adjoint américain pour l’Afrique Johnnie Carson, Dioncounda Traoré, Blaise Compaoré, Abdelmalek Sellal ou encore le commissaire européen au Développement Andris Piebalgs…