Politique

Algérie-France : le ministre algérien de l’Intérieur bientôt à Paris

Si rien de concret n’a été annoncé lors de la venue à Alger d’Élisabeth Borne et de ses ministres sur l’épineux dossier des visas, la prochaine visite à Paris – à une date qui reste à déterminer – du ministre algérien de l’Intérieur, Brahim Merad, devrait permettre des avancées en la matière.

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Par - envoyé spécial à Alger
Mis à jour le 11 octobre 2022 à 12:05

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avec la Première ministre française Élisabeth Borne, à Alger, le 10 octobre 2022. © Alain JOCARD/AFP

La délégation française, ainsi que les diplomates qui ont accompagné la Première ministre Élisabeth Borne lors de son voyage de jeux jours à Alger, du dimanche 9 au lundi 10 octobre, ont insisté sur un terme pour qualifier la refondation des relations entre l’Algérie et la France : « concret ». Le message est clair : les deux parties ont décidé de passer des déclarations d’intention et des professions de foi à la pratique.

Concernant le dossier des visas, qui est aussi l’un des plus sensibles, l’un des premiers résultats de la visite devrait être un prochain voyage à Paris du ministre algérien de l’Intérieur, Brahim Merad, pour rencontrer son homologue français Gérald Darmanin. Selon une source proche de Matignon qui n’a pas souhaité être identifiée, le principe de la visite du ministre algérien a été acté au cours du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) qui s’est tenu à Alger. En attendant l’annonce officielle, ce déplacement constituerait une première depuis au moins de deux décennies. Bien sûr, il s’inscrit dans la droite ligne de la volonté d’Alger et de Paris d’aplanir les divergences et d’apaiser les tensions autour de la question des visas, de la mobilité des personnes, ainsi que de la reconduction des ressortissants algériens visés par une mesure d’expulsion.

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C’est peu dire que ce déplacement de Brahim Merad serait une réelle avancée, dans la mesure où la brouille entre Paris et Alger durant l’été et l’automne 2021, qui a culminé avec le rappel de l’ancien ambassadeur d’Algérie en France, avait pour origine ces tensions sur les mobilités illégales. Le manque de coopération d’Alger dans la mise à exécution des Obligations de quitter le territoire français (OQTF) et dans la délivrance des laissez-passer consulaires permettant à ses ressortissants en situation irrégulière ou ayant fait l’objet d’une expulsion (ils étaient quelque 7 000 personnes à l’été 2021) avait provoqué la colère de l’Élysée et du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Aujourd’hui, l’orage semble passé.