Politique

Algérie : la motion de censure du MSP contre le gouvernement Benabderrahmane tourne court

Forts de leurs 65 sièges de députés, les islamistes du Mouvement pour la société et la paix espéraient rallier d’autres partis pour voter la censure du gouvernement Benabderrahmane. Mal préparée, l’opération s’est soldée par un échec.

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Mis à jour le 12 octobre 2022 à 11:44

Le Premier ministre algérien Aymen Benabderrahmane lors de la déclaration de politique générale du gouvernement, à l’Assemblée, le 6 octobre 2022. © APP/NurPhoto via AFP

Ce mardi 11 octobre, la déclaration de politique générale du gouvernement algérien était présentée et débattue en plénière au Conseil de la nation après le quitus de l’Assemblée nationale accordé jeudi dernier au Premier ministre Aymen Benabderrahmane. Une procédure classique mais qui aurait pu ne pas l’être car ce même jour, les députés du parti islamiste le Mouvement pour la société et la paix (MSP) avaient l’intention de déposer une motion de censure contre le gouvernement.

Tout a commencé lorsque Abdelouahab Yagoubi, député MSP et membre de la commission des affaires étrangères, a annoncé sur son blog, peu avant la session, le retrait de la confiance au gouvernement, qui devait présenter le 3 octobre son bilan devant l’Assemblée nationale. « Après évaluation objective et sérieuse, tweettait-il, nous avons conclu que ce gouvernement devait partir car il a échoué et n’a pas été en mesure de répondre aux aspirations du peuple et aux défis auxquels est confronté le pays ». Une annonce qui a pris tout le monde de court, à commencer par la direction de son parti. Le MSP n’avait en effet pas encore donné son feu vert à une telle initiative.

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C’est la loi fondamentale, dans son article 111, qui détaille la procédure. Il y est précisé que « le Premier ministre, ou le chef du gouvernement, selon le cas, doit présenter annuellement à l’Assemblée nationale une déclaration de politique générale qui donne lieu à un débat sur l’action du gouvernement et s’achever par une résolution ou donner lieu au dépôt d’une motion de censure ». Les articles 161 et 162 précisent qu’une telle initiative n’est recevable que si elle est signée par un septième au moins des députés. L’éventuel vote de retrait de confiance, qui intervient dans les trois jours, aboutit, s’il l’emporte, à la démission de l’exécutif.