Économie

Finance climat : l’Afrique a un droit de légitime défense énergétique

Au nom de quoi le continent africain devrait-il se priver d’énergies fossiles alors que l’Occident et l’Asie continuent à polluer allègrement ?

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Mis à jour le 21 octobre 2022 à 10:38
Joël Té-Léssia Assoko

Par Joël Té-Léssia Assoko

Joël Té-Léssia Assoko est journaliste spécialisé en économie et finance à Jeune Afrique.

Une centrale électrique au charbon, sur le Yang-Tsé-Kiang, à Nantong (Chine), en décembre 2018. © Utuku/ROPI-REA

On serait tenté de reprendre l’épithète jadis appliquée à un chaotique congrès du Parti socialiste français – « une rixe d’ivrognes dans un bordel mexicain » – pour qualifier le vaudeville qui s’est joué à New York, à la fin de septembre, sur le thème de la finance-climat. Accusé sans plus de justification par Al Gore, l’ancien vice-président américain, d’être « un négationniste du climat », David Malpass, le patron de la Banque mondiale, s’est défendu maladroitement. Vestige, sans doute, des acrobaties de langage des années Trump, l’ex-sous-secrétaire au Trésor (2017-2019) a d’abord refusé de s’étendre sur l’origine humaine et fossile du réchauffement climatique : « Je ne suis pas un scientifique », a-t-il bégayé.

Financer ou ne pas financer

Certes, David Malpass a assez vite corrigé le tir. Il a reconnu que la « forte augmentation de l’utilisation du charbon, du diesel et du fioul lourd » avait des répercussions négatives sur le climat. Mais le mal était fait.