Culture

Tunisie : Djerba, l’île des corsaires

Repaire de corsaires, parmi lesquels le célèbre Dargouth Pacha, l’île se souvient de la course en Méditerranée et des stratagèmes des Barbaresques pour piéger les chrétiens en haute mer. À deux pas de Houmt Souk, la tour des crânes n’existe plus, mais son souvenir fait encore froid dans le dos.

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Par - à Tunis
Mis à jour le 14 novembre 2022 à 09:56

Le fort Ghazi. © Montage JA; Renaud Van Der Meeren/EDJ

TUNISIE : DJERBA LA FAROUCHE (2/3) – Djerba la tranquille, « la douce » pour reprendre un slogan touristique, a traversé des périodes mouvementées où elle était devenue le témoin des rivalités qui faisaient rage en Méditerranée, mais aussi de l’âge d’or de la course et de la montée en puissance d’empires comme celui des Ottomans au XVIe siècle. Avant leurs maîtres de Constantinople, les corsaires barbaresques ont régné, à leur manière, sur une mer devenue un espace stratégique.

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À deux pas du port de Houmt Souk, capitale de Djerba, les épaisses murailles de Borj Ghazi, fortin qui fait de l’île un navire dont il serait la proue, sont impressionnantes, voire effrayantes dans un environnement aussi serein. Elles rappellent la tumultueuse épopée des corsaires barbaresques qui écumaient la Méditerranée au service de la Sublime Porte.

Djerba la paisible était devenue le repaire de ces détrousseurs des mers, le lieu où ils reprenaient leur souffle, retapaient leurs bateaux et peaufinaient de nouvelles stratégies. Tout à leur vie aventureuse, ils ne se doutaient guère qu’ils allaient devenir des légendes et les héros de récits que l’on raconte encore aux enfants. Une histoire bien plus vivante que tous les films de flibustiers.

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L’île du lotos, fruit de l’oubli qui a tenté les compagnons d’Ulysse, garde en mémoire les faits d’armes de ceux qui ont terrorisé les navigateurs et mis au défi les plus illustres commandants de flotte du XVIe siècle, comme Andrea Doria. L’amiral génois, qui défendait les intérêts de l’empire espagnol contre l’expansion des Ottomans, a même essuyé plusieurs échecs face à ce qu’il était convenu de surnommer les Barbaresques puisque leur fief était sur les côtes barbaresques, terme qui désignait alors les rivages de l’actuel Maghreb.