Politique économique
Des activistes écologistes devant le Lincoln Memorial, à Washington, le 6 octobre 2022. © Allison Bailey / NurPhoto / NurPhoto via AFP

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Économie

Niger, RDC, Tunisie… Qui sont les gagnants et les perdants de la crise ?

En Afrique, les déséquilibres macroéconomiques atteignent des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies. Pourtant, certains pays s’en sortent mieux que d’autres. Décryptage à la lumière du dernier rapport du FMI.

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Mis à jour le 14 octobre 2022 à 16:47

L’île de Mahé, aux Seychelles, en 2019. © Yasuyoshi Chiba/AFP

En 2022, en Afrique, la reprise économique a été brisée par le ralentissement mondial, par le durcissement des conditions financières et par la volatilité du prix des matières premières. En 2021 l’activité sur le continent avait rebondi, et le PIB avait crû de 4,7 %. Changement de décor en 2022, année pour laquelle le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une progression de +3,6% des revenus, soit un recul de 1 point de croissance sur un an.

Dans son rapport, le FMI observe une certaine hétérogénéité dans les trajectoires des pays de la région. Les estimations de 2022 ont été revues à la hausse pour l’Afrique du Sud grâce à la forte reprise de l’activité des services, et malgré l’impact des inondations, des coupures d’électricité et des grèves. En revanche, pour 33 des 44 pays passés au crible, la situation est bien moins favorable.

Les Seychelles (+10,9%) et le Malawi (+0,9%) occupent respectivement la première et la dernière place du podium. Entre les deux, le Nigeria et le Soudan du Sud (+6,1%), ainsi que la Guinée équatoriale, le Congo, le Rwanda et Maurice (+6%) s’en sortent bien. Le Gabon, le Mali (+2,5%) et la Centrafrique (+1,5%) peinent, pour leur part, à relancer leur économie.

Top 5  des taux de croissance les plus élevés en 2022

Taux de croissance du PIB

Taux de croissance du PIB

Les 5 taux de croissance les moins élevés en 2022

Taux de croissance Afrique bas © Taux de croissance du PIB. Source : FMI

Taux de croissance Afrique bas © Taux de croissance du PIB. Source : FMI

Le spectre du surendettement

S’agissant de la dette publique, 19 des 35 pays à faibles revenus sont en situation de surendettement ou de risque élevé dans ce domaine. À leur tête, la RDC (où la dette représente 85% du PIB), le Ghana (81,8%) et la Tunisie (80%).

L’endettement régional se rapproche désormais des niveaux observés au début des années 2000, avant l’adoption de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés. Toutefois, la composition de ces dettes est à présent différente. L’émergence de créances sous forme de fonds privés a, par ailleurs, « entraîné une hausse des coûts du service de la dette et engendré des risques de refinancement », note le Fonds.

Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB © Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB. Source : FMI

Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB © Composition de la dette publique en Afrique subsaharienne en % du PIB. Source : FMI

 

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Inflation grandissante

Sur le front de l’inflation et comparées aux projections publiées en avril 2022, les prévisions ont été significativement revues à la hausse. En glissement annuel, la médiane régionale a augmenté de près de 2 points, portant la prévision de la fin de 2022 à 8,7% en moyenne, avec un minimum de 6%, et un maximum 12,2% selon les pays. L’Angola constitue une exception notable : l’inflation y a diminué de plus de 3 points en raison de l’appréciation rapide du kwanza, associée à la hausse des prix du pétrole.

Taux d’inflation en Afrique subsaharienne

Taux d’inflation en Afrique subsaharienne

Pour l’institution de Bretton Woods, « une hausse du taux directeur pour faire face à la montée de l’inflation et aux pressions sur les taux de change peut s’avérer nécessaire dans les pays particulièrement touchés », comme le Zimbabwe et le Ghana.

À noter toutefois que ces hausses interviennent dans le contexte d’une reprise encore fragile et de besoins sociaux élevés. « Jusqu’à présent, la hausse de l’inflation était principalement due à des facteurs externes. À l’avenir, la demande devrait rester relativement faible, notamment en raison [des mesures] d’assainissement budgétaire », conclut le rapport.