Politique

Sénégal : la coalition présidentielle peut-elle perdre sa majorité ?

Jamais, au Sénégal, la majorité présidentielle n’avait été chahutée lors des législatives. Affaiblie par le départ de Mimi Touré, la coalition Benno Bokk Yakaar amorce-t-elle son déclin ?

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Mis à jour le 10 octobre 2022 à 12:48

Un panneau électoral de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar, à Dakar, le 25 juillet 2022. © Lucia Weiss / DPA / AFP

Il est des victoires étriquées susceptibles d’annoncer de futures défaites. Depuis les élections législatives du 31 juillet, la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY) se trouve confrontée à une situation inédite depuis la première élection de Macky Sall, en 2012.

Basculement

Talonnée par l’inter-coalition de l’opposition réunissant Yewwi Askan Wi (YAW) et Wallu Sénégal, la mouvance présidentielle a en effet vu fondre l’avance qu’elle détenait depuis une décennie. Loin de la majorité écrasante obtenue à l’Assemblée nationale en 2012 puis en 2017, BBY doit donc désormais se satisfaire d’un avantage tellement ténu qu’il pourrait augurer un basculement du rapport de force au cours des seize mois qui séparent les Sénégalais de la prochaine présidentielle, prévue en février 2024.

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Jamais, depuis les élections de 1983 (les premières législatives multipartites depuis l’indépendance), le parti ou la coalition au pouvoir n’avait connu un tel affront. Tour à tour, le Parti socialiste (PS), le Parti démocratique sénégalais (PDS) puis BBY (depuis 2012) avaient en effet laminé systématiquement l’opposition à chacun de ces scrutins. Qu’on en juge : 111 sièges sur 120 en 1983 ; 103 sièges sur 120 en 1988 ; 84 sièges sur 120 en 1993 ; 93 sièges sur 141 en 1998 ; 89 sièges sur 120 en 2001 ; 131 sièges sur 150 en 2007 ; 119 sièges sur 150 en 2012 ; et 125 sièges sur 165 en 2017.

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