Politique

Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié peut-il encore rassembler le PDCI ?

Après le bureau politique qui s’est tenu à Daoukro, c’est l’heure des comptes au sein de l’ancien parti unique, dont des poids lourds n’hésitent plus à tenir leur président pour responsable des divisions internes.

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Par - à Abidjan
Mis à jour le 7 octobre 2022 à 20:07

Henri Konan Bédié, président du PDCI. © Diomande Ble /AP/SIPA.

Cela fait maintenant plus d’une semaine que Henri Konan Bédié a réuni les membres du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) dans son fief de Daoukro. Mais la confusion et les tensions qui ont marqué cette rencontre ne se sont toujours pas dissipées. Le 29 septembre, les divisions internes ont une fois de plus été exposées au grand jour. Le petit coup de théâtre qui s’est joué ce jour-là permet de l’illustrer.

Pour préparer ce bureau politique, un comité de pilotage avait été mis en place. Bédié en est le président mais il en avait confié l’organisation à des proches : Niamien N’Goran et Robert Niamkey Koffi, tous deux vice-présidents ; Simon Doho, son conseiller spécial ; Jean-Chrysostome Blessy, l’avocat du parti ; ou encore Georges Philipe Ezaley, secrétaire exécutif adjoint. Ensemble, tous ont préparé le discours que Bédié devra prononcer le jour dit. Dans la matinée du 29 septembre encore, des amendements y sont apportés. Mais lorsque le Sphinx prend la parole devant les participants réunis à l’hôtel de la Paix, c’est un autre texte qu’il se met à lire. La stupéfaction se lit sur les visages.

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Confusion

Au pupitre, l’ancien président n’a pas son aisance habituelle. Il semble découvrir le texte en même temps que son auditoire. Celui-ci n’a pas été imprimé par sa secrétaire, Bédié a du mal à déchiffrer la police et la taille de caractères. La salle n’est pas non plus assez éclairée, l’un de ses proches tend une lampe par-dessus son épaule pour lui permettre de déchiffrer le texte qu’il tient entre les mains. La séquence est pénible et renvoie l’image d’un homme dépassé.