Culture

Tunisie : femmes d’exception

Mis à jour le 26 février 2013 à 11:18

L’une est partie, l’autre est toujours restée, deux femmes narrent leur lien fusionnel avec leur pays.

L’énigme du retour

Tn, une destination en forme de gourmandise ; une poignée de caramels dont on guette l’explosion des arômes en bouche. Un amour de tn, de Dora Latiri, est le récit d’une reconstruction où il est d’abord question de lignes porteuses d’une architecture intérieure reliant l’ici et l’ailleurs. Le texte de cette enseignante de littérature à l’université de Brighton est émaillé de photographies qui saisissent ce que la mémoire enfouit, ce que formule la pensée de manière fugace et qui rend les souvenirs persistants. Entre exil et bannissement, rencontres et familiers disparus, l’auteure réinvente un équilibre teinté de nostalgie, de crainte et d’espérance. « J’aime mon pays et j’en suis partie », tout est dit, tout peut commencer.

 

 

Sur tous les fronts

Enfant, on lui avait dit que son père, l’opposant Azzedine Hazgui, était en France alors qu’il était en prison. Dans son imaginaire, elle a assimilé les geôles d’Ennadour à Paris ; longtemps elle a détesté la capitale française et la politique. Avec Valérie Urman, Dalila Ben Mbarek Msaddek revient sur un parcours atypique et révolutionnaire. Avocate, elle préfère prendre l’ascenseur social et mordre la vie à pleines dents jusqu’au 8 janvier 2011. Les exactions commises à Thala la plongent dans une réalité qu’elle n’a plus quittée. La paisible mère de famille devient militante, met sa carrière entre parenthèses et fonde un mouvement citoyen, Doustourna. Elle se mobilise contre l’émergence des fondamentalistes religieux et est sur tous les fronts pour défendre la démocratie. « J’aurais pu m’en aller, partir vivre ailleurs. Je ne l’ai pas fait », avoue Dalila Ben Mbarek Msaddek. Elle a préféré se battre.