Économie

Alain Ebobissé (Africa50) : « La mobilisation des fonds de pension va changer la donne dans les infrastructures »

Structuration d’un nouveau véhicule, mobilisation des fonds souverains locaux, déblocage de projets complexes… Le directeur général d’Africa50 partage à Jeune Afrique l’ambitieuse feuille de route de l’institution de développement.

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Mis à jour le 3 octobre 2022 à 17:25

Le Camerounais Alain Ebobissé est le directeur général d’Africa 50 depuis 2016. © DR

Accélérer. Pour Alain Ebobissé, le mot d’ordre est clair : face aux déficits majeurs que connaît le continent, le secteur des infrastructures doit se renouveler… Et vite.

Pour ce faire, le Camerounais – panafricaniste convaincu, expert de longue date du secteur des infrastructures, qui a passé une partie de sa carrière au sein du groupe Banque mondiale – cherche de nouveaux alliés. Il vise prioritairement les fonds de pension et les fonds souverains africains, qui doivent selon lui prendre une part croissante dans le financement des projets locaux structurants. S’inspirant des exemples asiatiques et moyen-orientaux, le responsable compte également sur une implication plus franche de la part du secteur privé.

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À la tête de la plateforme d’investissement depuis 2016 – il a été reconduit dans ses fonctions en 2021 pour cinq années supplémentaires–, Alain Ebobisse a pris part au développement de certains des projets les plus emblématiques du continent, à l’image de la centrale sénégalaise de Malicounda, des projets solaires de Scatec en Égypte ou encore de la centrale hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun. Détenu par 29 pays africains, la Banque africaine de développement (BAD) et deux banques centrales que sont la BCEAO et Bank Al-Maghrib, Africa50 s’affaire aujourd’hui à la levée de son dernier fonds, qui cible jusqu’à 500 millions de dollars, un objectif inédit, dicté par les besoins criants du secteur.

Jeune Afrique : En Afrique,sur le plan du financement des infrastructures, un chiffre de 60 à 108 milliards de dollars de déficit annuel est évoqué… Comment répond-on à un tel retard ?