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Cet article est issu du dossier «2013 : le bilan économique de JA»

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Économie

Fusions-acquisitions : le best-of 2013

| Par Jeune Afrique
La transaction la plus importante de l’année a été la cession des parts de Vivendi dans Maroc Télécom à l’émirati Etisalat pour 5,8 milliards de dollars.

La transaction la plus importante de l'année a été la cession des parts de Vivendi dans Maroc Télécom à l'émirati Etisalat pour 5,8 milliards de dollars. © Jean-Luc Grzeskowiak/AFP

L’Afrique a cette année encore fait l’objet de nombreuses fusions-acquisitions. Si les pays développés et émergents restent les plus actifs, on note une progression du nombre d’opérations réalisées par les groupes africains à l’intérieur du continent. Le secteur le plus dynamique a été, sans surprise, celui de l’énergie.

Selon Mergermarket, le continent africain a enregistré un total de 115 opérations de fusions-acquisitions durant les trois premiers trimestres de 2013, qui ont représenté un total de plus de 26 milliards de dollars. Cette année encore, les industries extractives arrivent en tête des secteurs en termes d’opérations de fusions-acquisitions, avec sept des dix plus gros deals enregistrés. Mais la palme de l’opération la plus importante revient au secteur des télécoms, avec la cession des parts de Vivendi dans Maroc Télécom à l’émirati Etisalat pour 5,8 milliards de dollars.

Même si elles restent inférieurs, en nombre et en valeur, aux investissements provenant d’Europe, d’Asie et d’Amérique, les opérations panafricaines progressent, menées par les Sud-africains. Mais les pays émergents restent actifs sur le continent, notamment le chinois Sinopec, qui s’est intéressé de près aux champs offshores.

Consommation-distribution

Les Sud-africains ont été particulièrement actifs : Nampak s’apprête à racheter le fabricant d’emballages nigérian Alucan pour 300 millions de dollars, et le groupe de restauration rapide Famous Brands s’est offert 49 % de UAC Restaurants, une filiale du conglomérat United African Company of Nigeria (UAC).

La chaîne de distribution Massmart, filiale du géant américain Walmart, cherchait à s’implanter au Kenya via une prise de participation majoritaire dans Naivas, une chaîne de supermarchés locale, mais les deux groupes ont finalement mis fin aux négociations.

Énergie

Le secteur pétrolier a enregistré un grand nombre d’acquisitions de droits d’exploration dans les champs offshores notamment, alors que les découvertes d’hydrocarbures le long des côtes orientales ont été nombreuses ces deux dernières années.

Dans le champ de Rovuma, au large du Mozambique, le géant indien Oil and Natural Gas Company a signé avec l’américain Anadarko Petroleum pour une prise de participation de 10 %, via sa filiale internationale OVL. Une transaction qui s’est élevée à 2,64 milliards de dollars.

Autre entrée dans le champ de Rovuma, celle du chinois CNPC, qui a été l’une des entreprises les plus offensives cette année. Le géant national des hydrocarbures a posé 4,2 milliards de dollars sur la table – l’opération la plus importante dans le secteur – pour acquérir une participation de 20 % dans un bloc clé opéré par l’italien Eni.

Sinopec a annoncé l’acquisition des parts de la société américaine Marathon Oil Corporation dans le « bloc 31 », un important champ pétrolier et gazier en Angola pour 1,52 milliard de dollars. Il s’est par ailleurs offert 33 % des opérations égyptiennes du pétrolier américain Apache Corporation pour un montant de 3,1 milliards de dollars.

Total a également agité le marché des fusions-acquisitions dans le secteur pétrolier. Après celui de Shell, le géant français a racheté le réseau de distribution égyptien de la compagnie américaine Chevron, pour un montant non divulgué. Total Egypt est ainsi devenue la première filiale du groupe dans l’aval hors Europe. Côté amont, Total est devenu opérateur du bassin de l’Outeniqua, au sud des côtes sud-africaines. Le groupe a acquis 50 % dans le permis 11B/12B auprès de l’opérateur local CNR International, une filiale de Canadian Natural Resources.

Finance

Le secteur financier a connu le plus d’opérations panafricaines.

L’acquisition de 55 % du capital de la Banque internationale pour l’Afrique au Togo par Attijariwafa Bank a été finalisée le 24 septembre. Le nigérian First Bank a repris les filiales du malaisien ICB (International Commercial Bank) Banking Group au Ghana, en Sierra Leone, en Guinée ainsi qu’en Gambie. Le groupe a ainsi récupéré 28 agences et confirmé ambitions panafricaines, dont la première phase a débuté fin 2011 avec la prise de contrôle de la Banque internationale de crédit, l’une des principales banques en RD Congo.

Du côté des assureurs, le marocain Saham a finalisé l’acquisition d’Angola Seguros. Le groupe panafricain Ecobank a cédé sa filiale nigériane Oceanic Life à l’assureur britannique Old Mutual. Le britannique Prudential, dirigé par le Franco-ivoirien Tidjane Thiam, a quant à lui racheté la société ghanéenne Express Life Insurance – sa première incursion Afrique subsaharienne.

Mines

Le chinois Tianjin Materials and Equipment Group Corporation (Tewoo) a signé un memorandum d’entente avec African Minerals, basé à Londres, pour une participation de 16,5 % dans la mine de fer de Tonkolili, en Sierra Leone. Une transaction de 990 millions de dollars.

Le canadien Barrick Gold a vendu trois de ses mines d’or situées en Australie à son homologue sud-africain Gold Fields pour 300 millions de dollars.

La mine d’or d’Ity, en Côte d’ivoire, a attiré les convoitises de La Mancha et du footballeur Didier Drogba. Le groupe minier canadien est monté au capital de la Société des mines d’or d’Ity (SMI), dont il détenait 55,9 %, à hauteur de 9,1 %. L’international ivoirien du club turc de Galarasaray a, lui, acquis 5 % dans la SMI.

MMG, dont le siège est en Australie mais l’actionnaire principal est le chinois China Minmetals Nonferrous Metals, a cédé ses parts du projet de cuivre et de cobalt de Mutoshi, en RD Congo, à la Gécamines, l’entreprise minière nationale.

Santé

L’entreprise pharmaceutique indienne Cipla a racheté la totalité des parts de son partenaire sud-africain Medpro pour plus de 500 millions de dollars.

Aspen a été l’une des entreprises africaines les plus actives en dehors du continent. En avril, le laboratoire sud-africain a déboursé 215 millions de dollars pour le rachat d’activités lait pour bébé de Nestlé dans le sud de l’Afrique et en Australie. En juin, il a acquis pour un milliard de dollars une usine américaine du laboratoire Merck. Il a par ailleurs conclu un accord avec le britannique Glaxo Smith Kline (GSK), un de ses actionnaires, pour l’achat de ses marques d’antithrombotiques, ainsi que du site français de Notre-Dame-de Bondeville pour un montant de 1,1 milliard de dollars.

Plus tard dans l’année, GSK a cédé 6 % (28,2 millions d’actions) sur les 19 % qu’il détenait du capital d’Aspen, pour près de 700 millions de dollars.

Le rachat du groupe pharmaceutique sud-africain Adcock Ingram par l’entreprise chilienne CFR Pharmaceuticals – une transaction estimée à 1,3 milliard de dollars – est quant à lui dans une impasse. Public Investment Corp. (PIC), premier actionnaire d’Adcock avec 14 % des actions, s’est déclaré opposé à l’offre.

Télécoms

2013 a marqué le regain de vigueur des fusions-acquisitions dans le domaine des télécoms après deux années d’accalmie. Du 1er janvier au 2 octobre 2013, leur volume s’élevait déjà à 8,2 milliards d’euros (+ 156 % sur un an). Soit 23,7 % du total des « fusac » en Afrique (contre 19,1 % en 2012), juste derrière le secteur des hydrocarbures.

De Johannesburg à Tanger, banquiers et avocats spécialistes des fusions-acquisitions citent à l’unisson la même opération : la cession par Vivendi de sa part dans Maroc Télécom (53 %). Seul candidat en lice depuis le retrait du qatari Ooredoo, l’émirati Etisalat a trouvé, début novembre, un accord avec le groupe français et Rabat, qui conserve sa part de 30 %. D’un montant de 5,8 milliards de dollars, il s’agit de la plus grosse transaction de l’histoire du Maroc et la plus importante de l’année tous secteurs confondus.

L’indien Bharti Airtel a quant à lui acquis la filiale de Warid Telecom en Ouganda pour un montant estimé entre 224 et 280 millions de dollars, avant de réitérer l’opération au Congo.

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