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Cet article est issu du dossier «Planète peule : rencontre avec un peuple sans frontières»

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Société

À la découverte de la planète peule

Après les Berbères, les Bamilékés, les anglophones du Cameroun, les Fangs, Jeune Afrique vous entraîne à la découverte de l’une des communautés les plus complexes et sans doute les plus fantasmées du continent : les Peuls. Une trentaine de millions d’individus répartis sur quinze pays, du Sénégal au Soudan, connus sous une bonne dizaine d’appellations différentes, se réclament de la « pulanité » chère à Amadou Hampâté Bâ. Ils partagent les mêmes origines mythiques, les mêmes références historiques faites d’États théocratiques comme ceux du Macina, du Fouta-Toro ou du Sokoto, et les mêmes personnages emblématiques – Ousmane Dan Fodio, Sékou Amadou, Amadou Barry… Une même réserve aussi, un savoir-vivre subtilement codé (le fameux pulaaku) et une hiérarchie de fer que l’urbanité et le modernisme érodent toutefois peu à peu.

Éleveurs, commerçants, intellectuels, cadres, les Peuls ont depuis les indépendances connu des fortunes diverses, de la persécution ouverte – en Guinée, sous Sékou Touré, en Mauritanie au début des années 1990, au Cameroun en 1984 – à la présidence de la République. Trois anciens chefs d’État du Nigeria (Buhari, Shagari, Yar’Adua), Ahmadou Ahidjo (Cameroun), Amadou Toumani Touré (Mali) et Thomas Sankara (Burkina) ont ou avaient des racines peules. Aujourd’hui, les présidents sénégalais Macky Sall et bissau-guinéen Sérifo Nhamadjo appartiennent à cette « planète peule », même s’ils n’en font guère mention.

Il en va des sociétés peules comme de toute autre communauté. La conscience d’une identité durable fondée sur un capital culturel commun est source de richesse et participe de la diversité qui fonde une nation équilibrée et tolérante. La victimisation, le complexe de supériorité d’un côté, les stéréotypes meurtriers de l’autre, sont inévitables dès lors que la revendication identitaire se confond avec la revendication politique. Pour accepter les différences et éviter toute tentation exclusiviste, on n’a rien trouvé de mieux que la démocratie et la bonne gouvernance. Ou que cette recommandation d’Amadou Hampâté Bâ, le plus célèbre des écrivains peuls francophones : « Toujours concéder à son prochain qu’il détient une parcelle de la vérité… »

François Soudan

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