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Cet article est issu du dossier «Planète peule : rencontre avec un peuple sans frontières»

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Société

Les 10 piliers de la « pulanité »

Les Peuls se marient au sein du même clan.

Les Peuls se marient au sein du même clan. © Glez

Entre la littérature - foisonnante - et la tradition orale, difficile de s'y retrouver. Aboubacry Moussa Lam, de l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, et Fary Silate Kâ, chercheur à l'Institut fondamental d'Afrique noire, nous éclairent sur les fondements, réels ou fantasmés, de l'identité peule.

  • D’où viennent les Peuls ?

La question continue de faire débat. Les ancêtres des Foulbés ont-ils initialement migré depuis la Basse-Mésopotamie, voire l’Asie centrale ? Sont-ils issus de l’Égypte ancienne, ou descendent-ils plutôt de tribus berbères syro-libyennes ? Seule certitude, ce peuple anciennement métissé, venu du Levant, a traversé le continent jusqu’à l’Afrique de l’Ouest par vagues successives. Au cours des siècles, les rameaux issus de ce tronc commun y ont fondé différents empires ou royaumes. 

  • Sans frontières

Pour les Peuls nomades, le bétail est une richesse qui peut être déplacée au gré des aléas climatiques ou historiques. Mais quand ils décrivent le pays qu’ils occupaient avant de se disperser, ils évoquent deux cités mythiques – Heli et Yôyo – où l’agriculture était prospère. Ce qui laisse imaginer qu’ils pratiquaient à l’origine une vie sédentaire. 

  • Dis-moi comment tu t’appelles…

Les noms spécifiquement peuls sont relativement peu nombreux : Ba, Barry, Diallo, Ka, Sow… Les patronymes se sont par la suite diversifiés au gré du métissage avec d’autres ethnies. 

  • Vous dites ?

On désigne la langue parlée par les Peuls sous deux termes : « pulaar » à l’Ouest, « fulfulde » à l’Est. Issues d’une matrice commune, ses variantes dialectales ont emprunté aux langues environnantes là où les Foulbés se sont sédentarisés (malinké, bambara, wolof, haoussa, etc.). 

  • Les femmes d’abord

La femme a traditionnellement une place importante chez les Peuls. L’islamisation a changé la donne, mais la société peule continue d’accorder une place privilégiée à la mère et à la lignée maternelle. 

  • Endogames

Ce n’est pas un mythe : les Peuls se marient au sein du même clan, de la même caste et de la même lignée (le mariage entre cousins est encore très répandu). À l’origine, il s’agissait de consacrer l’homogénéité du sang et du rang, mais aussi d’éviter la dispersion du troupeau ou des biens. 

  • La vache

En milieu rural, les Peuls pratiquent essentiellement l’élevage. La vache occupe, chez eux, une place quasi mythologique, et en posséder révèle en tout cas un certain prestige social. Ce sont eux qui auraient introduit en Afrique les zébus, venus d’Inde. 

  • Le lait

Une croyance veut que Guéno, le Dieu suprême des Peuls, ait créé le monde à partir d’une goutte de lait. Base de l’alimentation des Peuls de tradition pastorale, le précieux liquide (kosam) relève quasiment du sacré. 

  • Le pulaaku

C’est un art de vivre, une manière d’être peul tissée de codes subtils que l’on retrouve sous toutes les latitudes : la maîtrise de soi, une certaine réserve, le courage, le sens de l’honneur et du partage… 

  • Castes et clans

La société peule est très hiérarchisée. Elle se subdivise entre castes nobles (aristocratie guerrière, courtisans, marabouts) et non nobles (griots, artisans, captifs…). Les mariages entre les deux catégories sont en principe exclus.

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Par Mehdi Ba, à Dakar

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