Politique

Maroc : pourquoi le cas Brahim Saâdoun divise l’opinion

Condamné à la peine capitale par les séparatistes pro-russes pour avoir combattu au côté de l’armée ukrainienne, l’étudiant marocain a finalement été libéré grâce à l’intervention de l’Arabie saoudite. Si beaucoup de ses compatriotes le soutiennent, d’autres voient en lui un terroriste et un traître.

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Mis à jour le 29 septembre 2022 à 14:38

Brahim Saâdoun, qui avait été condamné à mort par les forces ukrainiennes séparatistes pro-russes de Donetsk, a fait son retour au Maroc le 24 septembre 2022. © FADEL SENNA/AFP

« Le psychisme de mon fils est brisé », explique à Jeune Afrique Taher Saâdoun, le père de Brahim. Ce Marocain de 21 ans, condamné à mort le 9 juin dernier par les autorités de la république pro-russe autoproclamée de Donetsk pour avoir combattu aux côtés des forces ukrainiennes, a été finalement libéré le 21 septembre grâce à l’intervention du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman auprès du Kremlin. Cette médiation, qui a eu lieu dans le cadre d’un échange de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine, a permis à Riyad d’obtenir la libération de dix prisonniers de guerre internationaux, dont cinq Britanniques, deux Américains, un Suédois et un Croate.

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Après une escale en Arabie saoudite, Brahim Saâdoun s’est envolé pour le Maroc, où il a été accueilli par ses parents dans la soirée du 24 septembre sur le tarmac de l’aéroport Mohammed-V de Casablanca. Souriant, l’air serein, le jeune homme est apparu plutôt en forme, malgré ses cernes, et a même pris le temps de recevoir, juste après son arrivée, plusieurs médias – dont l’AFP – au domicile familial, situé dans un quartier populaire de la capitale économique marocaine. « Je suis heureux de rentrer à la maison après avoir subi des moments très difficiles durant la guerre », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Je veux attirer l’attention sur la situation difficile en Ukraine et sur la lutte de son peuple en cette période douloureuse. »

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