Société

Nissa TV, carrément féminine

Aicha Ayari et Lila Lefèvre, vice-présidente et présidente d'Euromed Audiovisual Productions. © Ons Abid pour J.A.

La chaîne Nissa TV, qui émettra dans une quarantaine de pays de l'espace euro-méditerranéen, a une double ambition : promouvoir la cause féminine et encourager le dialogue entre les habitantes du Nord et du Sud.

Oubliées la ménagère de 50 ans et les héroïnes des soap-opéras ou de la télé­réalité : désormais la cause des femmes et de la pluralité féminine a sa chaîne de télévision. Ambitieuse, Nissa TV – « femmes », en arabe – entend toucher les habitantes de 43 pays de l’espace euro-méditerranéen et traiter de thèmes aussi transversaux qu’universels. L’idée est partie d’un constat : l’offre des chaînes TV des deux côtés de la Méditerranée reste archaïque, superficielle, presque caricaturale lorsqu’elle s’adresse aux femmes. Depuis son siège à Bruxelles et ses bureaux locaux (à Tunis, Casablanca et Madrid, dans un premier temps), Nissa TV veut donner une vision plus réaliste de leur situation, promouvoir le renforcement de leur rôle dans les domaines socio­économique, culturel, juridique et politique et engager un dialogue entre le Nord et le Sud.

« Nous souhaitons dépasser les clichés de la femme de la rive sud voilée et de l’Européenne en string. Nous travaillons sur des axes et des valeurs qui rassemblent aussi bien l’Union européenne que les pays du Printemps arabe », affirme Lila Lefèvre, à l’origine du projet. La journaliste propose une nouvelle voie, qu’elle qualifie de diplomatique puisque la culture serait un outil de rapprochement entre toutes ces femmes, « afin de transformer la peur de l’autre en curiosité saine pour réduire les appréhensions et les incompréhensions. Il est essentiel que les femmes aient un espace pour exprimer leur différence, leur liberté d’être, malgré les rôles dans lesquels on a toujours voulu les confiner ».

Mécénat

Strictement apolitique mais disposant du soutien de nombreuses personnalités européennes, Nissa TV est née, en 2011, d’une idée émanant de la société civile et s’est structurée à travers l’association Euromed Audiovisual Productions. Ce statut lui permet de recevoir des subventions d’institutions telles que l’Union européenne ou des fonds d’aide à l’audiovisuel et de faire appel au mécénat. Aicha Ayari, sa vice-présidente, précise que la mise de fonds de départ est de 200 000 euros hors soutiens financiers. À terme, la chaîne devra équilibrer son budget avec des rentrées publicitaires. Néanmoins, Nissa TV tient résolument à son indépendance. « Ce point est non négociable », souligne Lila Lefèvre. Les premières émissions seront diffusées en mars 2014. 

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