Société

Télévision : Nollywood TV en VF

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Mis à jour le 1 avril 2013 à 12:55

Le bouquet africain Nollywood TV entend profiter du succès des productions nigérianes pour conquérir de nouveaux abonnés.

Ils sont pourtant cent cinquante millions de spectateurs, mais ce n’est pas assez. Après l’Afrique anglophone, les productions nigérianes investissent peu à peu le marché francophone grâce à la chaîne Nollywood TV. Ce nouveau canal, consacré comme son nom l’indique à cette industrie audiovisuelle et cinématographique prolifique (plus de 2 000 films par an), diffuse en continu des films made in Naija sur les écrans français.

Visant avant tout un public issu de la diaspora, la chaîne apparaît progressivement depuis octobre 2012 dans les bouquets africains que proposent la plupart des fournisseurs d’accès à internet (incluant le plus souvent des abonnements télé) de l’Hexagone. Créé en 2008 par Thema TV, le Bouquet africain donne accès aux chaînes nationales de 11 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. D’ici à la fin de juin 2013, l’offre devrait inclure Nollywood TV (disponible actuellement uniquement via Free et SFR) chez tous les opérateurs avec pour but de séduire les 140 000 foyers abonnés que Thema TV revendique déjà.

200 films par an

« Lorsque le groupe sud-africain M-Net nous a proposé de vendre le catalogue de sa chaîne Africa Magic, nous avons tout de suite saisi l’opportunité, explique Clémentine Tugendhat, directrice des contenus de Thema TV. Cela nous a donné accès à une bibliothèque de sept cent cinquante heures de films, s’étalant sur une durée de trois ans renouvelable, que nous avons fait doubler en français. » De quoi diffuser environ 200 films par an.

Avec des titres aussi évocateurs que « Jeu dangereux », « Erreur fatale » ou encore « Le Trône du chef », les drames et comédies mettent en scène des histoires familiales, urbaines ou rurales qui font appel à des thématiques récurrentes telles que la rivalité, la jalousie, la vengeance, la passion.

On regrettera cependant que les films soient doublés de façon aussi approximative qu’un épisode de telenovela brésilienne ou de la série allemande Derrick. Mais la fraîcheur des comédiens, mi-amateurs, mi-professionnels, à l’image de la qualité des productions, compense ce défaut. Après l’étape du marché français, les concepteurs de la chaîne pourraient se laisser tenter par l’espace francophone du continent africain. Les productions télévisuelles locales ont du souci à se faire.