Politique

Visas français au Maghreb : retards, coûts élevés, fraudes… Les sous-traitants dans le viseur

L’exaspération des citoyens s’étend à présent à toutes les parties prenantes du processus de délivrance de ces précieux sésames. Au premier rang desquelles, les deux prestataires privés VFS Global et TLScontact.

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Mis à jour le 26 septembre 2022 à 11:18

Une Tunisienne quitte les bureaux de TLScontact, un sous-traitant pour les demandes de visa et les procédures consulaires, à Tunis, le 29 septembre 2021. © Fethi Belaid/AFP.

Après la France, c’est au tour des entreprises qui sous-traitent les demandes de visas de susciter la critique. Il faut dire que la coupe était déjà bien pleine : non-remboursement en cas de refus, délais d’attente pouvant atteindre plusieurs mois, difficulté à joindre les prestataires… La procédure d’obtention de visas pour les citoyens souhaitant partir en France pour y étudier, travailler, ou simplement assister au mariage d’un proche, s’apparente de plus en plus à un parcours du combattant.

Et si c’est d’abord l’attitude des autorités françaises elles-mêmes qui a concentré les critiques, ce sont à présent les entreprises à qui les ambassades et consulats ont délégué une partie de l’administration des demandes qui cristallisent le ressentiment des demandeurs. Il leur est notamment reproché de tout faire pour engranger des profits, sans fournir de réelles améliorations aux conditions de traitement des dossiers.

Répondre à la hausse des demandes

Depuis les années 2000, beaucoup de pays, dont la France, ont décidé de sous-traiter la gestion des visas à des prestataires privés pour répondre à l’augmentation significative du nombre de requêtes. Un partenariat en principe gagnant-gagnant, puisqu’il représente un gain de temps et d’argent pour les États, tandis que les prestataires se rémunèrent directement auprès des usages en facturant leurs services.

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« Les conditions d’accueil des personnes qui venaient effectuer leur demande de visa dans les administrations étaient mauvaises. Plutôt que d’investir dans les services publics, et donc dans les consulats, de nombreux pays ont préféré opter pour la sous-traitance », explique Juliette Dupont, chercheuse à l’université Concordia de Montréal, affiliée à l’institut Convergences Migrations et spécialiste de la délivrance des visas en Algérie et en Chine.

Frais de service et salons premium

Pour alléger ses ambassades et ses consulats au Maghreb, Paris a mobilisé deux grandes entreprises du secteur : VFS Global et TLScontact. Fondée en 2007, cette dernière est basée au Luxembourg et compte plus de 2 000 employés. Elle est présente dans 90 pays et constitue l’un des piliers de la sous-traitance.

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