Politique

France – Maroc : une idylle de quarante ans

De Valéry Giscard d’Estaing à Nicolas Sarkozy, retour sur quarante ans de visites d’État françaises au Maroc.

Mis à jour le 2 avril 2013 à 18:30

Jacques Chirac à Rabat en 1995. © Sipa

Giscard, le "copain"

1974-1981

En mai 1975, Valéry Giscard d’Estaing est le premier président français à rendre visite au Maroc indépendant. Près de dix ans après l’affaire Ben Barka, les relations entre les deux pays semblent être revenues au beau fixe. VGE, qui apprécie le « courage et la ténacité légendaire » du roi, ira plus loin que le dégel esquissé par Pompidou. Le lait et les dattes servis, ici à Fès, illustrent l’excellence de la relation. Hassan II, qui se rendra souvent en France, qualifie volontiers VGE de « copain ».

Cohabitation royale

1981-1995

Accueilli à Rabat en janvier 1983, François Mitterrand est le président français qui a le plus longtemps accompagné un souverain marocain. Au cours des quatorze années passées à la tête du pays, il a beaucoup évolué sur le royaume. En 1981, son arrivée au pouvoir avait provoqué à Rabat la même inquiétude qu’au sein de la droite française. Et lors des deux cohabitations (1986 et 1993), Hassan II entretient des rapports privilégiés avec les ténors du RPR, notamment Charles Pasqua et un certain… Jacques Chirac.

Paris-Taroudant

1995-1999

©WTT/Sipa

Habitué, depuis 1987, de la Gazelle d’or, un palace de Taroudant prisé par le Tout-Paris, Jacques Chirac continue de s’y rendre chaque année pour Noël. Le rituel ne connaît pas d’interruption pendant deux mandats. Avec Hassan II, Jacques Chirac (ici à Rabat, en 1995) s’initie au Moyen-Orient. La dernière apparition publique du souverain a pour cadre la somptueuse avenue des Champs-Élysées, qui voit défiler – honneur rare – la garde royale, sous son regard fatigué mais fier, le 14 juillet 1999.

"Je dois beaucoup à votre père"

1999-2007

©Sipa

Dans le mot qu’il fait lire, lors d’un colloque organisé en 2000 pour marquer le premier anniversaire de la disparition du roi, Jacques Chirac ne tarit pas d’éloges sur Hassan II. Il a fait le serment de veiller sur son successeur, Mohammed VI. Ce dernier ne pouvait trouver meilleur allié. Avec ce président (ici à Paris en 2004), désormais tourné vers la politique internationale, la communauté de vues s’affine. Sur le conflit israélo-arabe, sur le Moyen-Orient et surtout à propos du Sahara occidental.

Relation à grande vitesse

2007-2012

©WTT/Sipa

La petite brouille de juillet (visite annulée) est déjà oubliée quand Nicolas Sarkozy se rend à Marrakech en octobre 2007. Surtout qu’au même moment le président français assiste, impuissant, à la détérioration de ses relations avec l’Algérie, qu’il avait pourtant visitée dès l’été. Avec Mohammed VI, le Maghreb semble soudain moins compliqué. Sarkozy signe de gros contrats (Renault, ligne à grande vitesse). Depuis sa défaite en mai 2012, il est souvent revenu, avec son épouse, dans la Ville ocre.