Économie

Ecobank : avec Jeremy Awori, la banque a-t-elle trouvé le bon successeur ?

En sept ans, Ade Ayeyemi a assaini les finances du groupe panafricain, digitalisé ses activités et in fine déployé un véritable arsenal numérique. Son successeur, Jeremy Awori, transfuge de la kényane Absa Bank, est attendu au tournant.

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Mis à jour le 26 septembre 2022 à 12:24

Le siège de Lomé d’Ecobank, qui voit s’achever en cette fin d’année la mission d’Ade Ayeyemi à la tête du géant panafricain. © Noel Kokou Tadegnon/Reuters

Debout aux premiers rangs de la salle des fêtes de l’hôtel Ivoire d’Abidjan, Emmanuel Ikazoboh tente de convaincre ses anciens collègues. « Ne renoncez pas au Nigeria à cause des défis de ce marché », faites-en un « projet spécial » pour trouver des solutions, presse l’ex-président du conseil d’administration (PCA) d’Ecobank (ETI).

En face, le directeur général, Ade Ayeyemi surfe sur les éléments de langage. « Notre engagement envers le Nigeria est inébranlable. Le marché dispose d’innombrables opportunités et d’un énorme potentiel de croissance », insiste celui qui participe, ce 25 mai, à sa dernière AG ordinaire. Que la place du Nigeria dans le dispositif du groupe ait besoin d’être défendue marque la singulière transformation de la banque panafricaine depuis septembre 2015.

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Elle est loin l’époque – était-ce il y a seulement dix ans ? – où cette filiale représentait 40 % des revenus, des actifs et des effectifs. L’acquisition d’Oceanic Bank, en 2011, avait boosté de deux tiers le bilan du groupe, mais s’est révélée extrêmement coûteuse. Les prêts au secteur des hydrocarbures, mal évalués et sans garanties suffisantes, ont été un désastre après le retournement des cours du pétrole, et la chute du naira face au dollar.

nous nous attendons à ce que la rentabilité d’Ecobank Nigeria reste relativement modeste

À sa prise de fonction, Ayeyemi tranche. En moins d’un an, 40 % de l’équipe de direction à Lagos est remerciée. Plusieurs centaines de chauffeurs employés par la filiale sont aidés pour l’acquisition de leur véhicule et du statut d’auto-entrepreneur en partenariat avec Uber. Peu enclin aux tergiversations, le vétéran de Citi, dont il dirigeait les activités subsahariennes avant de rejoindre Ecobank, acte la dévaluation d’environ 900 millions de dollars de prêts en souffrance au Nigeria, dont la valeur comptable nette est réduite de deux tiers, et qui sont confiés à une structure externe chargée de leur recouvrement.