Politique

Côte d’Ivoire : football et politique, les liaisons dangereuses

La dernière élection à la présidence de la Fédération ivoirienne en a été la parfaite illustration : au pays de Didier Drogba, la politique ne se tient jamais loin du monde du ballon rond.

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 4 octobre 2022 à 13:11

Yacine Idriss Diallo, patron de la FIF, et Alassane Ouattara, au Palais de la présidence, le 7 juin. © Ange Servais

Ce samedi 6 août, la Côte d’Ivoire se prépare à célébrer le 62e anniversaire de son indépendance. La matinée est déjà bien entamée. Le soleil caresse les gradins clairsemés du tout nouveau stade de Yamoussoukro, construit en vue de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN). En tenue complète des Éléphants (la sélection nationale), Mamadou Touré s’époumone sur le bord du terrain à la manière d’un entraîneur donnant des consignes à ses joueurs. Le ministre de la Promotion de la jeunesse est un grand fan de l’Africa Sports, l’un des deux grands clubs du pays. À ses côtés, et tout aussi impliquées, Kandia Camara et Mariatou Koné, respectivement ministre des Affaires étrangères et ministre de l’Éducation nationale, portent elles aussi le maillot de l’équipe, sans avoir toutefois osé passer le short.

Sur le rectangle vert, le gouvernement affronte une équipe composée de jeunes issus de partis politiques. À l’issue de quatre-vingt-dix minutes bien engagées, les ministres l’ont emporté trois buts à deux. Désigné homme du match par l’ambassadeur de France, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kobenan Kouassi Adjoumani, a marqué un penalty et tout le monde a bien ri. Quoi de mieux qu’un match de football pour fêter la fin du joug colonial et la naissance d’une nation en promouvant la cohésion nationale ?

Polémiques, accusations et retournements de veste

En Côte d’Ivoire, football et politique ne sont jamais bien éloignés. Un mélange des genres dont la dernière élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF) a été l’illustration parfaite. Le 23 avril, c’est Yacine Idriss Diallo qui a été porté à sa tête, au terme d’un psychodrame qui s’est étiré sur plusieurs années. Proche de l’ancien Premier ministre Hamed Bakayoko, intime du communicant Fabrice Sawegnon, l’homme s’est imposé face à Sory Diabaté, le vice-président du comité exécutif sortant, et à l’ex-capitaine et buteur des Éléphants, Didier Drogba. Il succède ainsi à Augustin Sidy Diallo, décédé en novembre 2020.

Durant des mois, le scrutin a tenu en haleine tout un pays à coups de polémiques, d’accusations, de retournements de veste… Et avec d’importants moyens financiers. Tous les ingrédients d’une élection politique avec, pour seul enjeu, la présidence d’une fédération sportive.

À Lire Dix choses à savoir sur Yacine Idriss Diallo, le nouveau patron du foot ivoirien