Société

Algérie : un mari, deux épouses et une arnaque ?

Quand, ce 2 septembre, un jeune Algérien s’affiche avec deux épouses en premières noces, la toile s’enflamme. Et si ce scandale cachait une escroquerie ?

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Mis à jour le 17 septembre 2022 à 10:06

À l’entrée de la salle des fêtes, un grand panneau rédigé en français accueille des invités triés sur le volet. Tout en bas, écrit en arabe, le verset 3 de la sourate An-Nissa (Les Femmes) du Coran qui énonce que l’homme est autorisé à prendre deux, trois ou quatre épouses parmi les femmes qui lui plaisent. © DR

C’est un singulier mariage à trois qui a défrayé la chronique et nourri la polémique bien au-delà des frontières de l’Algérie. Ce 2 septembre 2022, un jeune homme originaire de la ville de Skikda, à 473 kilomètres à l’est d’Alger, épouse deux femmes en premières noces, le même jour au cours d’une même cérémonie. À l’entrée de la salle des fêtes, un grand panneau rédigé en français accueille des invités triés sur le volet.

On peut y lire : « La famille Bouidioua vous souhaite la bienvenue au mariage de leur fils Rachid avec Meriem et Hanene. » Tout en bas, écrit en arabe, le verset 3 de la sourate An-Nissa (Les Femmes) du Coran qui énonce que l’homme est autorisé à prendre deux, trois ou quatre épouses parmi les femmes qui lui plaisent. Comme pour justifier la conformité de cette union avec la volonté divine.

Indignation

Le lendemain de la nuit de noces, qui a lieu dans la suite d’un hôtel de la région, des photos du mariage sont postées sur les réseaux sociaux et deviennent tout de suite virales. On y voit Rachid posant fièrement en compagnie de ses deux épouses en robe blanche, visages floutés avec des émojis en forme de cœur, ou bien se préparant à rejoindre le cortège nuptial, toujours en compagnie de ses deux femmes.

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Partagées des milliers de fois, ces images vont peu à peu provoquer un tsunami de réactions qui vont de l’admiration à l’indignation en passant par la stupéfaction. Dans une société algérienne profondément monogame, ce mariage à trois choque et interpelle. Beaucoup d’internautes le qualifient ironiquement de « plan à trois halal ».

Même si la Constitution algérienne, qui s’inspire essentiellement de l’islam, religion d’État, n’interdit pas la polygamie (jusqu’à quatre épouses), l’homme n’est autorisé à prendre une deuxième épouse qu’en cas de force majeure, comme la maladie ou la stérilité de la première femme. L’autorisation d’un second mariage doit être accordée par un juge.