Politique

Yassine Bouzrou : « La justice française a du mal à reconnaître ses erreurs » 

À l’affiche d’« Athena », le dernier film de Romain Gavras, l’avocat star du barreau français revient sur une affaire emblématique et sur d’autres procès au cœur de l’actualité judiciaire.

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Mis à jour le 18 septembre 2022 à 10:49

L’avocat français Yassine Bouzrou, à Paris, le 3 juillet 2019. © Photo by JOEL SAGET / AFP

Avocat des libertés : tel est le titre du livre publié par Yassine Bouzrou en février dernier, dans lequel il dénonce une instrumentalisation croissante de la justice par le pouvoir politique, ainsi que les violences policières illégitimes. Ces mêmes violences qui étaient au cœur du film de Ladj Ly, Les Misérables, et qui sont aujourd’hui à nouveau pointées par le réalisateur Romain Gavras, dans son film Athena, où l’avocat star du barreau parisien joue son propre rôle aux côtés d’acteurs de renom, tels que Vincent Cassel ou Dali Benssalah.

Très acclamé lors de sa présentation à la Mostra de Venise, le long métrage – qui sort sur Netflix le 23 septembre – montre l’embrasement des banlieues et des quartiers abandonnés par les pouvoirs publics, sous l’impulsion d’une jeunesse en colère et que rien ne semble apaiser. Un scénario qui rappelle évidemment les émeutes de 2005.

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Rencontré au lendemain de l’avant-première, qui s’est déroulée ce 13 septembre salle Pleyel, à Paris, Yassine Bouzrou, qui trône en tête de plusieurs classements des meilleurs avocats de France, revient pour JA sur l’actualité judiciaire de cette rentrée : la requête en révision du procès Omar Raddad, le jardinier marocain qui se bat depuis plus de 30 ans pour prouver son innocence, le conflit qui déchire la famille de l’international de football Paul Pogba, mais aussi sur son expérience au cinéma.

Jeune Afrique : Après la découverte de nouveaux éléments, une requête en révision a été présentée par Omar Raddad, et une nouvelle audience a eu lieu ce 15 septembre. Verra-t-on un jour le bout de cette affaire hautement symbolique ?

Yassine Bouzrou : Cette affaire est extrêmement complexe et extrêmement suspecte. On a l’impression, vu de l’extérieur, que la justice refuse d’ouvrir les yeux sur les éléments concrets qui ont été apportés.