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Cet article est issu du dossier «Le Gabon change-t-il vraiment ?»

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Diplomatie

Gabon : le programme d’Ali Bongo Ondimba au crible

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Ali Bongo, 54 ans, au pouvoir depuis le 16 octobre 2009.

Ali Bongo, 54 ans, au pouvoir depuis le 16 octobre 2009. © Désirey Minkoh/JA

Jeune Afrique s’est livré à l’examen, à mi-mandat, du niveau de réalisation de chacun des neuf axes du projet de société proposé en 2009 par le candidat Ali Bongo Ondimba. Un exercice forcément subjectif, mais qui permet de faire le point sur ce qui a changé, ce qui est en cours, et ce qui ne marche pas.

  • Préserver l’intégrité territoriale et consolider les rapports avec les pays voisins et amis : 4/5

Les intérêts du Gabon sont bien défendus dans l’affaire Mbanié, en examen devant la Cour internationale de justice de La Haye. Les relations avec les voisins sont meilleures, en témoignent la coorganisation de la CAN 2012 avec la Guinée équatoriale et la création d’une zone de coprospérité avec le Cameroun. 

  • Consolider l’État de droit : 2/5

Dans les tribunaux, y compris au Conseil d’État, les délais sont trop longs. Les procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique prévues par les lois foncières ne sont pas respectées. Une loi a été adoptée pour interdire au dirigeant d’un parti dissous d’en créer un autre, en revanche aucune n’a pour l’instant apporté de solution pour réprimer les crimes rituels. 

  • Faire de la décentralisation une réalité : 2/5

En projet depuis 1996, la décentralisation reste théorique. Bien que le projet de loi organique sur la décentralisation et le transfert des compétences de l’État aux collectivités locales ait été adopté en septembre 2010 par le Sénat, elle n’est manifestement pas une priorité de l’agenda politique. 

  • Mieux gérer les finances publiques : 3/5

La gestion des finances publiques s’est améliorée avec une accélération des réformes en 2011 et 2012 : adoption de la loi organique relative aux lois de finances et à l’exécution du budget, élaboration d’un cadre de dépenses à moyen terme, d’un guide du montage de projets, repositionnement des directions centrales des affaires financières comme services décentralisés de la Direction générale du budget. 

  • Réussir la moralisation de la vie publique et assurer une meilleure gouvernance des affaires publiques : 3/5

Même si des efforts de transparence restent à faire, le volontarisme visant à améliorer la gestion de l’argent public est indéniable. Les dernières réformes devraient ainsi permettre que soit respecté le nouveau code des marchés publics. 

  • Mettre en place les infrastructures de soutien au développement économique : 2/5

Le programme d’investissements est ambitieux, mais les travaux n’avancent pas au rythme souhaité. Les exemples de retards ne manquent pas : les logements à Angondjé, la décongestion du trafic routier à Libreville, le projet Port-Môle, la Nationale 1, la route de Glass ainsi que plusieurs projets dans la zone de Lambaréné, dont certains concernent le centenaire de la fondation de l’hôpital Albert-Schweitzer.

  • Diversifier les sources de croissance et de développement durable : 4/5

Beaucoup d’efforts accomplis : la zone économique spéciale de Nkok, l’interdiction d’exporter le bois en grumes, dont les premiers effets en termes de transformation locale des produits commencent à être perceptibles. 

  • Mieux responsabiliser les Gabonais et les pousser à être plus entreprenants : 3/5

Les mesures prises pour favoriser l’entrepreneuriat commencent à porter leurs fruits, notamment grâce à la mise en place, depuis un an, du guichet unique : le délai pour créer une entreprise n’est plus que de sept à quatorze jours en moyenne (contre cinquante-huit auparavant), et l’objectif est de le réduire à quarante-huit heures. 

  • Lutter contre les inégalités, la pauvreté et l’exclusion : 3/5

La principale avancée est la mise en place de la Caisse nationale d’assurance-maladie et de garantie sociale (lire p. 102), qui a permis de révolutionner la prise en charge des malades. Les hôpitaux sont mieux équipés, mais il reste à former le personnel médical et à éliminer la corruption. Concernant les inégalités, des efforts sont faits, mais le pays reste confronté à la question de la redistribution de la richesse nationale.

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