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Chine : Xi Jinping, « grand leader du tiers-monde »

Ce 16 octobre, le Parti communiste chinois doit reconduire à sa tête son secrétaire général, lui ouvrant la porte à un troisième mandat présidentiel. Mais derrière cette continuité, des réformes s’imposent dans un pays en proie à des difficultés.

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Mis à jour le 16 octobre 2022 à 10:38

Xi Jinping, à Urumqi, dans le Xinjiang, le 13 juillet 2022. © Xie Huanchi/Xinhua via AFP

Sauf énorme coup de théâtre, le Parti communiste chinois (PCC) va, à l’occasion de son congrès quinquennal, reconduire son secrétaire général, qui est également président de la République populaire de Chine. Xi Jinping entamera alors son troisième mandat à la tête du Parti et du pays, événement jusque-là inédit mais rendu possible par la réforme constitutionnelle de 2018, qui a supprimé toute limitation du nombre de mandats.

La procédure, toutefois, reste complexe, et toutes les règles ne sont pas forcément écrites, comme l’explique Jacques Gravereau, spécialiste de la Chine et président d’honneur de l’Institut HEC Eurasia : « Il faut bien distinguer entre le Parti et la présidence. Pour cette dernière, le verrou des deux mandats a sauté, mais le titre ne fait pas tout. Deng Xiaoping, par exemple, n’a jamais été président officiellement. Il n’était “que” président de la commission militaire du comité central du PCC. »

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Pour ce qui est du Parti, poursuit Jacques Gravereau, « une jurisprudence voulait que le “Grand leader” fasse deux mandats puis s’efface à l’âge de 68 ans. Hu Jintao et Jiang Zemin s’y sont conformés, mais, depuis, tout a changé. Grâce à sa grande campagne anticorruption, Xi Jinping a mis la main sur tous les leviers, il a eu 69 ans en juin et reste au pouvoir. Il faudra observer la composition du comité central, qui sera désigné lors du congrès, et surtout voir qui seront les sept membres du Comité permanent. »

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