Politique

Djibouti : Emmanuel Macron réaffirme son soutien à Ismaïl Omar Guelleh après la reprise des combats en Éthiopie

Le président français a assuré son « attachement à la stabilité de Djibouti » lors d’un entretien téléphonique avec son homologue djiboutien. L’Union africaine, de son côté, a prolongé la mission de son émissaire en Éthiopie, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.

Par
Mis à jour le 11 septembre 2022 à 12:47

Le président Emmanuel Macron, à Paris, le 27 avril. © David Niviere/POOL/REA

Lors d’un entretien téléphonique avec le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, Emmanuel Macron a « marqué son attachement à la stabilité de Djibouti dans un environnement régional fragilisé par la reprise des combats en Éthiopie et le risque d’une crise alimentaire à l’échelle de la région ». L’Union africaine, quant à elle, a annoncé avoir prolongé le mandat de son envoyé spécial dans la Corne de l’Afrique, Olusegun Obasanjo, chargé de poursuivre les efforts de paix en Éthiopie alors que les combats ont repris fin août.

À Lire Éthiopie : un pôle de stabilité régionale ébranlé ?

Après cinq mois de trêve, la reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie le 24 août a interrompu l’acheminement d’aide humanitaire, notamment dans la région rebelle du Tigré, où elle est essentielle, a déploré l’ONU le jeudi 8 septembre, alors que les affrontements s’intensifient entre rebelles tigréens et forces progouvernementales.

Renforcer la relation bilatérale

Djibouti est stratégique pour la France, qui s’y appuie sur sa plus grande base militaire à l’étranger, avec quelque 1 500 militaires français.  Emmanuel Macron et Ismaïl Omar Guelleh « ont réaffirmé la force et le caractère stratégique de la relation de défense entre la France et Djibouti, comme l’illustre la visite du ministre des Armées du gouvernement français le 15 septembre prochain à Djibouti », indique l’Élysée dans un communiqué.

Les deux dirigeants ont aussi « évoqué les principaux projets en cours visant à renforcer la relation bilatérale dans la continuité de la visite du Président de la République à Djibouti en mars 2019″, indique la présidence française. Le président Guelleh avait été reçu à l’Élysée en février 2021.

À Lire Djibouti – Ismaïl Omar Guelleh : « Je ne permettrai pas qu’on touche à la Constitution »

Des combats ont éclaté sur plusieurs fronts dans le nord de l’Éthiopie, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale et entraînant l’arrêt de l’acheminement de l’aide humanitaire vers le Tigré. Le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael, a proposé en début de semaine une trêve sous condition dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

La trêve dépend…

Selon lui, la trêve dépend notamment « d’un accès humanitaire sans entrave » et du retour de services essentiels dans la région du Tigré, touchée par de graves pénuries alimentaires et privée d’électricité, de communications et de services bancaires. Debretsion Gebremichael a également demandé le retrait des forces érythréennes de l’ensemble du territoire éthiopien et du Tigré. Le gouvernement éthiopien n’a pas commenté publiquement la demande du TPLF.

À Lire Éthiopie : Abiy Ahmed évoque de possibles négociations avec les rebelles du Tigré

la décision de l’Union africaine de prolonger le mandat de son envoyé spécial dans la Corne de l’Afrique intervient malgré le rejet par les rebelles tigréens de la médiation d’Obasanjo visant à mettre fin à la guerre qui les oppose depuis fin 2020 aux forces gouvernementales. « Je lui ai réitéré ma pleine confiance et l’ai encouragé à poursuivre son engagement auprès des deux parties et des acteurs internationaux pour œuvrer à la paix et à la réconciliation en Éthiopie et dans la région », a déclaré sur Twitter Moussa Faki Mahamat, chef de la Commission de l’Union africaine, après sa rencontre avec Olusegun Obasanjo.

Efforts diplomatiques

Plusieurs efforts diplomatiques sont en cours pour trouver une résolution pacifique au conflit après que la reprise des combats dans le nord de l’Éthiopie le mois dernier a brisé une trêve établie en mars. Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed a insisté sur le fait que toute discussion avec les rebelles doit être menée sous les auspices de l’Union africaine, dont le siège est à Addis-Abeba. Mais le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a dénoncé de son côté la « proximité » d’Obasanjo, ancien président nigérian, avec le dirigeant éthiopien.

Moussa Faki Mahamat a également rencontré le nouvel émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Mike Hammer, en visite à Addis Abeba ces derniers jours, et ils ont « convenu de la nécessité pour les partenaires internationaux de soutenir le processus mené par l’UA avec les parties pour mettre fin au conflit en Éthiopie », a-t-il précisé.

Avec AFP