Politique

« Aux noms des pères » : Rachida, Zohra et le « Dati bashing »

Le « Dati bashing » a marqué des points. La justice a débouté la maire du VIIe arrondissement de Paris, qui souhaitait l’interdiction d’ « Aux noms des pères » (éd. 12Bis), une bande dessinée traitant de la paternité de sa fille Zohra.

Mis à jour le 10 mai 2013 à 14:49

La bande dessinée décrit Rachida Dati comme une femme mi-hystérique, mi-Machiavel. © éd. 12Bis

Au moment où elle annonçait son retrait de la primaire qui doit désigner le candidat de l’UMP à la mairie de Paris en 2014, Rachida Dati demandait, en référé, l’interdiction d’Aux noms des pères (éd. 12Bis), une bande dessinée peu amène à son égard, traitant de la paternité de sa fille Zohra. En vain. Le 24 avril, le tribunal de grande instance de Versailles l’a déboutée, jugeant que l’oeuvre « ne dépasse pas les lois de la satire politique ». La maire du VIIe arrondissement de Paris paie aussi le fait d’avoir elle-même largement médiatisé sa grossesse et sa maternité.

La BD met en scène un détective privé enquêtant sur l’identité du père de la petite Zohra, aujourd’hui âgée de 4 ans. L’ex-ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy y est dépeinte en ambitieuse, comme dans la biographie que l’un des auteurs de l’album, Yves Derai, lui avait déjà consacrée en 2009 (Belle-Amie, éd. du Moment). La caricature est à gros traits, tout comme le dessin. Rachida apparaît en manipulatrice colérique, ne jurant que par les cocktails, les robes de grands couturiers et les bijoux, dont elle raffole. Ce portrait d’une femme politique mi-hystérique mi-Machiavel est sans surprise ni nuance, mais il trouvera certainement un public nombreux, avide de « Dati bashing ».

Extrait de "Au noms des pères".

© éd. 12Bis