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Russie-Ukraine : après six mois de guerre, l’Afrique du Sud reste fidèle à son allié russe

Sans embrasser la cause de Moscou ni lui tourner le dos, Pretoria progresse sur une étroite ligne de crête. Et le maintien d’une position de non-alignement semble pour l’instant lui profiter.

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Par - à Johannesburg
Mis à jour le 7 septembre 2022 à 15:52

Vladimir Poutine et Cyril Ramaphosa lors du sommet Russie-Afrique de 2019 à Sotchi. © SERGEI CHIRIKOV/POOL/AFP

« Saisissez l’instant ! » L’invitation à des allures de slogan promotionnel, mais l’ambassadeur de Russie en Afrique du Sud, Ilya Rogachev, tient à encourager Pretoria à faire de Moscou un partenaire commercial privilégié quand d’autres en font un paria. « Les entrepreneurs sud-africains ont l’opportunité unique d’intensifier significativement leurs échanges et leur coopération économique avec la Russie », explicite un communiqué publié à l’issue d’une réunion du Conseil commercial Russie-Afrique du Sud, le 10 juin dernier.

De nouveau en difficulté, la Russie se tourne vers ses amis

« C’est un schéma que l’on a déjà vu la Russie observer après 2008 et la guerre contre la Géorgie, puis en 2014 après l’annexion de la Crimée. Alors que ses échanges avec l’Occident s’affaissaient à cause des sanctions, Moscou a frappé aux portes des économies émergentes et s’est étendue en Amérique latine et en Afrique », observe Steven Gruzd, directeur du programme Russie-Afrique de l’Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA). De nouveau en difficulté, la Russie se tourne vers ses amis.

Des arguments de poids

Le 20 juillet était organisé un forum économique russe à Sandton, au nord de Johannesburg. Un colloque d’une journée pour discuter du climat des affaires en Afrique du Sud dans les domaines de l’ingénierie mécanique et des infrastructures. Le format doit s’élargir avec un événement étalé sur une semaine, du 9 au 15 octobre, toujours en Afrique du Sud. Il est organisé par l’Afrocom, la branche africaine de la Chambre de commerce et d’industrie russe.

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