Économie

Oragroup : cinq questions pour comprendre les remous autour de la vente du groupe bancaire

Processus au long cours, la cession de l’un des fleurons du continent agite l’ensemble du secteur financier africain. Décryptage d’une saga à rebondissements.

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Mis à jour le 7 septembre 2022 à 15:37

People walk outside Orabank in Abidjan People walk outside Orabank in Abidjan, Ivory Coast July 13, 2018. Picture taken July 13, 2018. REUTERS/Thierry Gouegnon – RC1CFD64B110 © Thierry Gouegnon/REUTERS

1 – Qui vend et pourquoi ?

Créé en 1985, avec pour nom originel Financial Bank, Orabank est un groupe bancaire privé aujourd’hui présent dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. Le groupe est piloté par un holding basé à Lomé, Oragroup SA, dirigé par le Camerounais Ferdinand Ngon Kemoum qui a succédé à la Malienne Binta Touré Ndoye en 2019. Depuis la prise de contrôle du groupe par Emerging Capital Partners (ECP) en 2008, l’actionnariat d’Oragroup a beaucoup évolué, avec l’entrée dans son capital d’actionnaires de référence comme Proparco, BIO, DEG, BOAD, le Fonds gabonais d’investissements stratégiques.

La dimension et le positionnement de la banque en Afrique francophone également, passant de six pays d’implantation à l’arrivée du gestionnaire de fonds à 12 aujourd’hui. Lors de la première opération de cession d’Oragroup, son produit net bancaire atteignait près de 127 milliards de F CFA (près de 221 millions d’euros, au cours de l’époque en 2018), soit une multiplication par douze par rapport à 2008, selon ECP. Plus récemment, à fin 2021, Oragroup représentait un total de bilan de plus de 4 000 milliards de F CFA (+25 % par rapport à 2020). En termes de performances financières, le résultat net consolidé part de groupe a atteint 10,8 milliards de F CFA l’année dernière.

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