Économie

Maroc : l’industrie touristique en ordre de bataille

Touristes et Marocains de l’étranger sont de retour au royaume, où les nouveaux projets hôteliers se multiplient. Mais l’impact de la longue période de fermeture des frontières en janvier se fait encore ressentir.

Mis à jour le 2 septembre 2022 à 12:23

La place Jamaa el-Fna à Marrakech. © Lionel Urman/SIPA

Le 29 août, le Center for Disease Control and Prevention (CDC) – l’agence fédérale américaine chargée de la santé publique – sortait le Maroc de la catégorie des pays à haut risque de Covid-19 (où demeurent la Tunisie, les Seychelles, le Canada ou encore la France) pour le faire entrer dans celle des pays à risque modéré. Une mesure susceptible d’accélérer encore la reprise du secteur touristique, qui connaît une nette embellie depuis le mois de mai. Entre les mois de mai et de juillet, le pays a dépassé les 4 millions d’arrivées, soit une hausse de 1 % par rapport à la même période de 2019.

Les Marocains de l’étranger en tête

Cet afflux de touristes est essentiellement porté par les Marocains résidant à l’étranger (MRE), qui retrouvent le rythme d’un retour estival au pays après deux années difficiles marquées par la pandémie de Covid-19. Les touristes internationaux restent plus difficiles à convaincre, d’où l’importance symbolique que revêt la décision de Washington, à l’heure où Royal Air Maroc (RAM) est la seule compagnie à proposer des liaisons directes entre les deux pays (en provenance de New York, Washington et Miami). Avec 300 000 arrivées annuelles, les États-Unis étaient, avant la crise, le cinquième pourvoyeur de touristes internationaux au Maroc, ex æquo avec l’Italie et la Belgique, mais loin derrière la France (1,8 million de voyageurs en 2018), l’Espagne (800 000), le Royaume-Uni (400 000) et l’Allemagne (400 000).

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Le retour en grâce de la destination aura cependant du mal à combler le déficit des derniers mois. Le Maroc a en effet enregistré un tiers de touristes en moins entre janvier à juillet cette année, par rapport à la même période en 2019, notamment en raison d’un mois de janvier catastrophique lié à la fermeture prolongée des frontières (11 000 arrivées contre 792 000 en 2019).

Dynamisme hôtelier

Ces chiffres se retrouvent dans l’activité aéroportuaire, qui enregistrait à la fin de juillet une activité représentant 70 % de celle de 2019, selon l’Office national des aéroports (Onda). Employant avant la crise près de 550 000 personnes et générant un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de dollars pour 2019, d’après les données de l’Organisation internationale du tourisme, le secteur est stratégique pour le pays. Les géants de l’hôtellerie y sont tous présents, et leur activité récente prouve leur confiance dans le potentiel du pays. Ils y sont plus dynamiques que dans n’importe quel pays d’Afrique subsaharienne, note ainsi le rapport 2020 du cabinet de conseils W Hospitality, qui recense chaque année les nouveaux projets des chaînes hôtelières internationales.

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Radisson s’est ainsi engagé pour la création ou le rebranding de neuf hôtels en 2021, dont quatre ont ouvert la même année, tandis qu’« Accor, Ascott [Citadines], BWH [Best Western Hotels] et Marriott International ont tous été actifs au Maroc l’année dernière, contribuant à une augmentation de 18 % du nombre de chambres en développement », note W Hospitality. Toutes enseignes internationales confondues, 50 nouveaux établissements sont prévus au Maroc, dont les trois quarts sont en cours de construction, pour un total de 7 209 chambres.