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Cet article est issu du dossier «Maghreb : à quoi joue le Qatar ?»

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Politique

Qatar – Maghreb : ils sont en première ligne

Le Mauritanien Dah Ould Abdi. © Joseph Barrak/AFP

Ce sont les ambassadeurs du Qatar au Maghreb. Même s'ils gardent parfois une certaine distance avec la ligne de l'émirat gazier, ils n'en restent pas moins des relais de ses investissements et de son "soft power".

Mauritanie : Dah Ould Abdi, représentant de luxe

Ex-ministre mauritanien des Affaires étrangères, Dah Ould Abdi, 63 ans, entretient des liens étroits avec le Qatar depuis 2004. Après son départ des Nations unies, où il était ambassadeur, et sa rencontre avec Hamad Ibn Jassem, Premier ministre de l’émirat, il séjourne un an à Doha avant de revenir à Nouakchott en tant que représentant de la société d’investissement Qatari Diar, poste qu’il occupe toujours. Bien qu’il ne se considère pas comme un conseiller, il a l’oreille de Hamad Ibn Jassem et de l’émir, notamment sur les questions subsahariennes.

>> À lire : À quoi joue le Qatar ?

>> Qatar : la raison du plus riche… est souvent la meilleure

Libye : Ali Sallabi, le religieux influent

Installé à Doha après des études de théologie en Arabie saoudite et au Soudan, ce cheikh charismatique, natif de Benghazi, a été le principal convoyeur d’armes qataries à destination de certains rebelles libyens, dont les troupes d’un certain Ismaïl Sallabi, son frère, et celles d’Abdelhakim Belhaj. C’est d’ailleurs en parrainant les négociations entre les jihadistes libyens et Seif el-Islam Kadhafi, qui avaient conduit à la libération, en 2010, de 170 islamistes, dont Belhaj, qu’Ali Sallabi est devenu célèbre.

Égypte : Khairat el-Shater, le facilitateur

Le numéro deux des Frères musulmans serait l’un des principaux interlocuteurs de l’émirat en Égypte. En mars 2012, sur invitation du Qatar, le richissime homme d’affaires s’est rendu à Doha pour rencontrer l’émir, Hamad Ibn Khalifa Al Thani, et discuter de l’aide promise au Caire, selon le quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm. Et en octobre, son intervention aurait permis d’accélérer le versement d’un prêt qatari de plusieurs millions de dollars, selon le site d’information anglophone Ahram Online.

Tunisie : Mohamed Néjib Karoui, l’homme des réseaux

Président de l’Association tunisienne de coopération et de communication sociale, le quinquagénaire a lié celle-ci, en janvier 2012, à l’organisation humanitaire Qatar Charity. Avec pour père Hamed Karoui, Premier ministre de Ben Ali, et pour oncle Ahmed Ben Salah, figure de l’ère bourguibienne, ce professeur agrégé en médecine d’urgence est un familier des arcanes du pouvoir. Malgré ses critiques à l’égard de l’islam politique en Tunisie, il est ami depuis l’université avec le nahdhaoui Hamadi Jebali, ancien chef du gouvernement.

Maroc : Yassir Zenagui, "Monsieur Économie"

Lors de la visite de Mohammed VI dans le Golfe, en octobre 2012, Yassir Zenagui, 42 ans, était bien en vue. En tant que ministre du Tourisme (en 2010 et 2011), puis conseiller du roi, cet ex-banquier a pu suivre, en contact direct avec l’émir, la participation de Qatar Investment Authority au fonds Wessal Capital pour le développement touristique du Maroc. À ce jour, le principal investissement de l’émirat est le projet de complexe hôtelier de luxe d’Al Houara, près de Tanger, pour 1,2 milliard de dollars (930 millions d’euros).

Algérie : Khadidja Benguenne, figure de proue

Présentatrice du journal de 20 heures de la télévision nationale entre 1986 et 1992, Khadidja Benguenna, 48 ans, fait partie de ces dizaines de journalistes algériens qui ont rejoint Al-Jazira durant les années 1990 pour fuir la terreur islamiste. Vedette de la chaîne qatarie, elle a été classée en 2007 par le magazine Forbes parmi les dix femmes les plus influentes dans le monde arabe. Sa réussite, son engagement en faveur de la démocratie et des droits des femmes suscitent admiration et fierté chez ses compatriotes.

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Par Youssef Aït Akdim, Frida Dhamani, à Tunis, Laurent de Saint Perier, Tony Gamal Gabriel, au Caire, et Michael Pauron

Ils ont dit

"J’ai peur que le Qatar ne soit atteint par la folie des grandeurs. Ce petit émirat ne vaut pas un quartier de notre Libye."

Abderrahmane Chalgham, ancien ministre des Affaires étrangères de Kadhafi devenu représentant du Conseil national de transition libyen à l’ONU, en novembre 2011

"Toute personne qui manquera de respect envers [le Qatar] devra assumer ses responsabilités."

Moncef Marzouki, président tunisien, en avril 2013

"Mon Qatar, ton argent inonde ma terre… Mon Qatar, verse-moi plus encore pour me satisfaire !"

Mon Qatar chéri, chanson parodique de l’humoriste égyptien Bassem Youssef

"Les soulèvements du monde arabe ont été sinon orchestrés du moins encouragés, voire pilotés depuis le Qatar."

Naoufel Brahimi El Mili, professeur à Science-Po, in Le Printemps arabe : une manipulation ?

"La révolution tunisienne doit beaucoup au Qatar et à son émir."

Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste tunisien Ennahdha, dans une interview au quotidien qatari Al Arab, en mai 2012

"Les Américains et leurs vils serviteurs qataris ont libéré les Tunisiens de leur indépendance."

Mezri Haddad, écrivain tunisien et ancien ambassadeur de Ben Ali auprès de l’Unesco, en novembre 2012.

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