Politique

Algérie-France : Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune affichent leur volonté d’avancer

Le président français a affirmé vouloir ouvrir « une page nouvelle » dans les relations bilatérales avec l’Algérie, jeudi, au premier jour de sa visite dans ce pays, avec un travail commun de mémoire sur le passé colonial.

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Mis à jour le 26 août 2022 à 10:39

Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, le 25 août 2022 à Alger, lors d’une conférence de presse commune. © Anis Belghoul/AP/SIPA

« Nous avons un passé commun, il est complexe, douloureux et il a pu parfois comme empêcher de regarder l’avenir », a estimé Emmanuel Macron, appelant à le « regarder en face avec beaucoup d’humilité ». « Le passé nous ne l’avons pas choisi, nous en héritons, c’est un bloc, il faut le regarder, le reconnaître, mais nous avons une responsabilité, c’est de construire notre avenir pour nous-mêmes et nos jeunesses », a-t-il précisé après son arrivée à Alger jeudi 25 août, dans une déclaration faite aux côtés de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune.

Le président français a annoncé la création d’une « commission mixte d’historiens, ouvrant nos archives et permettant de regarder l’ensemble de cette période historique, qui est déterminante pour nous, du début de la colonisation à la guerre de libération ». Ceci doit être fait « sans tabous, avec une volonté de travail libre, historique, d’accès complet à nos archives », a-t-il souligné.

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Un projet commun d’« incubateur de start-up » va aussi être lancé, a également annoncé Emmanuel Macron, soulignant les « talents » des deux pays dans le domaine du numérique. Il a aussi proposé de « développer des programmes (communs) de création cinématographique et des studios », ainsi que des « formations » dans ces métiers. « Il n’est d’avenir que s’il y a des récits d’avenir », a-t-il noté.

Visas

Concernant, la question délicate des visas attribués par la France aux Algériens, le président français a fait état d’un travail commun « pour traiter les sujets les plus sensibles de sécurité ». Emmanuel Macron avait décidé en 2021 de diviser leur nombre par deux face à la réticence d’Alger à réadmettre des ressortissants indésirables en France. Mais ces discussions ne vont « pas empêcher de déployer une mobilité choisie pour nos artistes, nos sportifs, nos entrepreneurs, nos universitaires, nos scientifiques, nos associations, nos responsables politiques, permettant de bâtir davantage de projets communs », a-t-il déclaré.

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Il a aussi évoqué avec Abdelmadjid Tebboune la question de l’Ukraine et appelé l’Algérie, qui s’est abstenue de condamner son invasion par la Russie et reste un proche allié de Moscou, à faire de la « fin de la guerre en Ukraine une cause commune ».

Ukraine, Mali, Libye et Sahara

« L’ensemble des crises qui sont le fruit de cette guerre lancée par la Russie, qu’il s’agisse de crises humanitaire, diplomatique, alimentaire, énergétique, déstabilisent profondément l’ensemble de la planète, et tout particulièrement le continent africain, faisant courir des risques de pénuries et je crois que notre responsabilité est aussi de les traiter ensemble », a-t-il insisté.

Emmanuel Macron a évoqué la relance de plusieurs comités intergouvernementaux dont le comité de haut niveau (CHN), le comité mixte économique franco-algérien, le comité de dialogue stratégique algéro-français et « une intensification des visites de haut niveau ». Il est prévu aussi d’« intensifier la coopération à tous les niveaux et les échanges commerciaux ».

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La rencontre entre les deux dirigeants a par ailleurs « été l’occasion d’évoquer la situation sécuritaire et politique d’intérêt commun sur le plan régional et international », a ajouté le président algérien. « Nous avons échangé nos points de vue, particulièrement sur la situation en Libye, au Mali, au Sahel et au Sahara occidental qui requièrent des efforts conjugués pour consolider la stabilité dans la région », a précisé Abdelmadjid Tebboune.

(Avec AFP)