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Algérie : l’ex-Premier ministre Noureddine Bedoui sous les verrous

L’ancien Premier ministre Noureddine Bedoui a été placé mardi 23 août sous mandat de dépôt pour des faits de corruption présumée. C’est le troisième chef de l’exécutif de l’ex-président Bouteflika à être incarcéré.

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Mis à jour le 24 août 2022 à 12:11

L’ancien Premier ministre algérien Noureddine Bedoui. © Louiza Ammi

C’est le troisième ancien Premier ministre de Bouteflika derrière les barreaux. Noureddine Bedoui a été placé sous mandat de dépôt mardi 23 août par un juge de la Cour d’Alger pour des faits de corruption présumée. Chef de l’exécutif entre mars 2019 et décembre 2019, Bedoui rejoint ainsi les deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, qui purgent plusieurs peines de prison pour des affaires de corruption et d’abus de fonction.

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Noureddine Bedoui est poursuivi pour « abus de fonction » et « dilapidation de deniers publics » dans le cadre de l’affaire liée à la gestion de la manifestation Constantine, capitale de la culture arabe, qui s’est déroulée en 2015, à l’époque où il était wali (préfet) de cette ville de l’Est. Organisé en grande pompe sous l’ère de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, cet événement a coûté au trésor public la bagatelle de 74 millions de dollars.

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Selon l’enquête de la gendarmerie nationale, plusieurs projets liés à cette manifestation, notamment l’aéroport international Mohamed-Boudiaf, le pont géant Transrhumel Salah-Bey, ainsi que l’Agence de la Banque nationale d’Algérie (BNA), auraient donné lieu à des cas de corruption et de dilapidation. L’ancien ministre de la Santé et ex-préfet de Constantine entre 2005 et 2010 est également poursuivi dans le cadre de cette affaire.

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Réputé proche de l’ancien clan présidentiel, dont les principales figures croupissent en prison, Noureddine Bedoui avait connu une ascension fulgurante à partir de 2015, occupant notamment les fonctions de ministre de l’Intérieur. Fidèle à Saïd Bouteflika, le frère de l’ex-président défunt, Bedoui devient Premier ministre en mars 2019 peu de temps avant la démission du président sous la pression du Hirak.

Maintenu à son poste en dépit d’une très forte impopularité, Bedoui a tenté de peser sur l’issue de l’élection présidentielle de décembre 2019 en favorisant la candidature de l’ancien ministre Azzedine Mihoubi au détriment de celle d’Abdelmadjid Tebboune. Écarté dès l’élection de ce dernier, Noureddine Bedoui était en sursis en attendant que la justice le convoque, à l’instar de nombreux ministres et oligarques de l’ancien régime.