Culture

Côte d’Ivoire : Tayc ou la rançon du « love singer »

Jugé trop lascif lors de son concert à l’Ivoire Golf Club, le chanteur français de R’n’B aurait provoqué la rupture d’un couple, causant une vaste polémique à Abidjan.

Mis à jour le 19 août 2022 à 09:57
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

© Damien Glez

13 août 2022. Julien Bouadjie, phénomène du R’n’B français connu sous le pseudo Tayc, livre une prestation à l’Ivoire Golf Club, à Abidjan Cocody Riviera. Si la musique ivoirienne est férue d’« enjaillements » s’accompagnant de poses suggestives, le caractère explicitement lascif de l’œuvre du chanteur laisse quelques Ivoiriens bouche bée. La vague sentimentale est son fonds de commerce presque exclusif et son comportement scénique se met au diapason des chansons d’amour. Sentimental, certes, mais il est bien fini le temps du prude ivoirien Daouda le sentimental…

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Ce jour-là, en Côte d’Ivoire, sur le titre Donne-le-moi, Tayc fait monter une fan sur scène. Alors que la spectatrice se retrouve à califourchon sur le showman, ce dernier l’entraîne dans une danse si sensuelle que la demoiselle annoncera, quelques heures plus tard, la rupture avec son compagnon…

Mésaventures afro-françaises

Même si le mime des câlins sur scène échappe encore largement aux accusations d’attouchements, le public français a déjà bruissé de bad buzz sur un Tayc trop démonstratif. Né de parents camerounais, l’artiste ignore-t-il qu’en Afrique, on « colle la petite » davantage avec les mots qu’avec les gestes ? Après l’annonce du jet d’éponge du compagnon jaloux de la danseuse d’un soir, des Twittos ivoiriens dénoncent un « comportement d’assoiffé sexuel » de la part du chanteur.

Celui qui chantait Un verre de trop a-t-il esquissé une danse de trop ? Ce n’est manifestement pas son avis. Quelques jours après l’évènement d’Abidjan, le chanteur répond : « Si ton gars te quitte parce que t’es monté sur scène avec Tayc, c’était pas le bon »…

Choc des cultures ? Les programmations de concerts d’artistes afro-français prennent parfois l’allure de mésaventures. À l’image de la prestation du Congolais de France Gims – alors « Maître Gims » – , au Burkina en 2016, qui fut présentée comme un flop : déphasage des tarifs avec le niveau de vie local, attitude jugée méprisante envers les fans et les journalistes, faible affluence du public et concert tronqué… Les critiques, là aussi, avaient été virulentes.