Politique

Guinée : deux morts lors d’une manifestation contre la junte dirigée par Doumbouya 

Deux jeunes Guinéens ont été tués par balle par les forces de l’ordre ce mercredi 17 août à Conakry, lors d’une journée de contestation contre la junte au pouvoir, d’après des proches et le FNDC, le collectif organisateur.

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Mis à jour le 18 août 2022 à 11:53

Manifestations à Conakry le 28 juillet 2022, après l’interdiction de la marche pacifiste du FNDC par les autorités. © CELLOU BINANI/AFP

Ibrahima Baldé, 19 ans, et Oumar Barry, lycéen de 17 ans, ont été tués par balle ce mercredi 17 août, lors d’une journée de contestation qui a donné lieu à des affrontements et des manifestations sporadiques contre la junte, au pouvoir depuis un an.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui avait appelé à manifester, a accusé sur les réseaux sociaux la garde du colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte et président dit de transition, d’avoir abattu les deux jeunes hommes alors que son convoi traversait la banlieue de Conakry, haut lieu de contestation. Interrogé au moment où le premier décès était rapporté, dans l’après-midi, le porte-parole de la police, le colonel Mory Kaba, a dit ne pas en avoir connaissance, alors qu’il était sur les lieux lorsque le chef de la junte est passé.

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Ibrahima Baldé a été tué par un projectile tiré par un membre des forces de sécurité à Wanidara, un quartier de la banlieue de Conakry théâtre de heurts, a annoncé son père, Mohamed Chérif. Un proche du jeune homme, s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité de l’information, a déclaré qu’il avait été atteint par la balle d’un soldat alors que le cortège du président traversait le quartier.

Oumar Barry a succombé plus tard non loin de là, dans le quartier de Koloma. « Ils lui ont tiré dans le ventre, il était 18h50 » (heure locale et GMT), d’après un habitant du quartier, Pathé Diallo.

Affrontements sporadiques

Le FNDC, coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, avait appelé à se mobiliser pacifiquement, malgré l’interdiction de toute manifestation édictée le 13 mai par la junte et la décision de cette dernière de dissoudre le collectif la semaine passée. Des affrontements sporadiques ont été rapportés dans la banlieue de Conakry. Des dizaines de jeunes ont affronté, à coups de pierres, les policiers et les gendarmes sur la route Le Prince, axe traversant la banlieue et théâtre fréquent de telles confrontations.

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Les forces de sécurité ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Les autorités ont déployé gendarmes et policiers en nombre. Différents quartiers de la banlieue, habituellement grouillants, donnaient l’apparence d’une ville morte. De nombreux commerces et les grands marchés sont restés fermés dans la crainte de violences. Des manifestations ont été signalées en province, mais l’appel du FNDC ne semble pas y avoir été suivi massivement.

Pour un retour à l’ordre constitutionnel

Le FNDC a orchestré, de 2019 à 2021, des mois de mobilisation contre un troisième mandat présidentiel d’Alpha Condé, élu président démocratiquement en 2010 et finalement renversé le 5 septembre 2021 par le colonel Doumbouya. L’opposition étant considérablement affaiblie, le FNDC porte à présent la voix de la protestation contre la junte. Il réclame le retour à l’ordre constitutionnel et dénonce une confiscation du pouvoir par les militaires.

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Le FNDC avait été à l’initiative de manifestations les 28 et 29 juillet derniers, interdites par les autorités et dans lesquelles cinq personnes avaient été tuées. Ces nouvelles crispations surviennent alors que la Cedeao a annoncé la visite, ce dimanche 21 août à Conakry, de son médiateur dans la crise guinéenne, l’ex-président béninois Thomas Boni Yayi.

Avec AFP