Politique

Algérie : pouvoir, chantage et corruption

| Par Jeune Afrique
La compagnie publique Sonatrach est visée par plusieurs enquêtes.

La compagnie publique Sonatrach est visée par plusieurs enquêtes. © Samir Sid pour JA

En Algérie, les scandales de ces dernières années sont loin d’être inédits. Depuis Boumédiène, l’argent est une arme à double tranchant.

Ces dernières années ont incontestablement été marquées par la multiplication de scandales financiers. Mais il serait injuste d’imputer la corruption au seul règne d’Abdelaziz Bouteflika. « La prévarication et les malversations sont antérieures, assure Me Miloud Brahimi, avocat renommé et figure de la lutte pour les droits de l’homme. La différence est qu’aujourd’hui des milliards de dollars sont injectés annuellement dans la sphère économique. »

Le système a de tout temps toléré, voire encouragé, la corruption. Avant de prendre totalement les rênes du pouvoir, Houari Boumédiène avait commencé par neutraliser de nombreux rivaux en leur proposant de se reconvertir dans les affaires, ordonnant au Trésor public de leur accorder des sommes colossales sous forme de « crédits non remboursables ». Plusieurs personnalités historiques cédèrent à ses propositions indécentes. Les années Chadli Bendjedid furent elles aussi émaillées de nombreuses affaires de concussion impliquant des pontes du régime ou leur progéniture.

Diaboliser

Les enquêtes du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) qui ont révélé, à partir de janvier 2010, plusieurs scandales impliquant de proches collaborateurs de Bouteflika ne sont donc en rien une nouveauté. Les premières investigations économiques datent du milieu des années 1970, quand la Sécurité militaire (SM) de Kasdi Merbah a livré à Boumédiène des dossiers montrant que la quasi-totalité de ses hommes avait fait main basse sur les biens de l’État. 

« Les agents du rouage Services se sont mués en officiers de police judiciaire pour répondre à leur vocation de protéger les intérêts vitaux du pays face à une généralisation des pratiques de corruption en ce temps-là », témoigne un ancien officier de la SM. Sauf que ces enquêtes n’ont que rarement débouché sur des procès. En revanche, elles ont servi à exercer chantage et pressions pour neutraliser des adversaires ou à diaboliser des personnalités jugées gênantes, donc à éliminer.

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Par Chérif Ouazani

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