Politique

Mali : discrétion, exil ou détention… Que deviennent les caciques de l’ère IBK ?

Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, il y a deux ans, nombre d’anciens cadres du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta ont été traînés devant les tribunaux de Bamako. Certains ont été placés en détention provisoire, d’autres ont préféré fuir le pays… Jeune Afrique fait le point sur leur situation.

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Par - avec Fatoumata Diallo
Mis à jour le 30 août 2022 à 13:37

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta le 30 juin 2020, à Nouakchott, soit un mois et demi avant son renversement. © Ludovic MARIN / POOL / AFP

Lorsqu’il était procureur, Mahamadou Kassogué avait la réputation d’être « un incorruptible », peu enclin à se laisser impressionner par le statut des personnalités qu’il entendait poursuivre, murmurait-on dans les sphères judiciaires bamakoises. Une image qu’il continue d’entretenir – « exagérément », disent aujourd’hui ses détracteurs – depuis qu’il a hérité du ministère de la Justice, en mai 2021.

À Lire Mali : Mahamadou Kassogué, un « incorruptible » sous emprise ?

À la suite du « putsch dans le putsch » qui a formellement installé Assimi Goïta à la tête du pays, le magistrat devenu Garde des sceaux s’est érigé en pourfendeur de la mauvaise gestion des deniers publics et a fait déferler sur la classe politique malienne foultitude de poursuites judiciaires. Soupçons de corruption, de surfacturation, de détournement… Les accusations pleuvent sur les anciens ministres ou administrateurs publics qui ont servi sous Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), président renversé en août 2020 et décédé en janvier 2022.

Le procureur Mahamadou Kassogué dans son bureau du tribunal de la commune III de Bamako, en 2019. © Emmanuel Daou Bakary pour JA

Le procureur Mahamadou Kassogué dans son bureau du tribunal de la commune III de Bamako, en 2019. © Emmanuel Daou Bakary pour JA

Pour les contempteurs du ministre de la Justice, il pourrait s’agir, au mieux, d’un excès de zèle visant à « donner une impression de résultats pour mieux servir les discours des autorités sur la fin de l’impunité ». Quitte à « judiciariser à outrance des dossiers parfois insuffisamment solides pour passer devant les tribunaux », pointe une source judiciaire qui souligne qu’à ce jour, aucun des hommes politiques poursuivis n’est passé devant un juge. Beaucoup sont aujourd’hui en détention. Les autres, sentant le vent tourner, n’ont pas attendu que la justice vienne les chercher et se sont réfugiés à l’étranger.

Ceux qui sont en prison