Politique

Arrestation d’une diplomate sénégalaise au Canada : Dakar dénonce une volonté de minimiser l’incident

L’ambassade du Sénégal à Ottawa a déploré, dans une note ce samedi 13 août, la diffusion d’informations « fausses et choquantes » visant à « diluer la gravité » des « violences policières inadmissibles » subies par la diplomate arrêtée le 2 août.

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Mis à jour le 14 août 2022 à 12:10

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président sénégalais Macky Sall, le 12 février 2020 à Dakar (archives). © Sean Kilpatrick/AP/SIPA.

L’interpellation de Mme Niang Oumou Kalsoum Sall, le 2 août, avait provoqué un tollé au Sénégal et l’embarras du gouvernement canadien. La conseillère aux Affaires étrangères a été victime d’une « violence physique et morale humiliante », en étant menottée et frappée, selon Dakar, lors d’une intervention de la police de Gatineau à son domicile, en banlieue québécoise d’Ottawa.

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L’intervention visait à accompagner un huissier venant notifier à la diplomate une ordonnance d’un tribunal administratif du logement. Cette ordonnance, obtenue par Radio Canada et consultée par nos sources, condamnait la diplomate à payer plus de 45 000 dollars canadiens (34 000 euros) à son propriétaire pour « loyer non payé » et dommages au logement.

L’ambassade du Sénégal estime que les « allégations » contre Mme Niang « trahissent une volonté manifeste de diluer la gravité de l’incident qui porte sur une violation flagrante et grave des dispositions de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques ». Elle regrette aussi que les informations relayées par la presse « soient fondées sur la seule version du bailleur ».

« Rétablir les faits »

Entendant « rétablir les faits », la note détaille les longs démêlés de Mme Niang avec son propriétaire, faisant valoir que celle-ci a été de bonne foi tout du long, qu’elle avait subi depuis le début des problèmes de chauffage et d’humidité dus au non respect des normes de construction et que son propriétaire s’était montré menaçant à son égard. Exaspérée, Mme Niang avait finalement décidé de déménager en octobre 2020 et, lors de la remise des clés, avait offert au gestionnaire du logement le dernier loyer dû, que celui-ci avait refusé.

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Toujours selon l’ambassade, Mme Niang a reçu, quelques mois plus tard par voie d’huissier, une demande de paiement de 57 207 dollars canadiens devant couvrir notamment les frais de reconstruction de la maison. Mme Niang, de son côté, a indiqué par voie d’avocat qu’elle ne devait au propriétaire que le loyer du mois d’octobre, que le gestionnaire n’avait pas voulu prendre.

L’ambassade estime qu’à la lumière de ces explications, les accusations portées contre Mme Niang ne tiennent pas. « Rien dans cette affaire ne peut justifier les violences subies par Mme Niang et ses enfants mineurs », conclut l’ambassade en indiquant « suivre de très près l’enquête qui a été ordonnée sur les agissements inacceptables des agents de la police ». Le gouvernement canadien avait condamné l’incident, le jugeant inacceptable.

Avec AFP