Politique

États-Unis : quand Washington repart à la conquête du continent

Après les années Trump, marquées par un désintérêt pour l’Afrique, Joe Biden veut y regagner en influence, comme l’illustrent la récente visite d’Antony Blinken et le sommet qui aura lieu dans quelques mois. Décryptage de la stratégie de la Maison Blanche.

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Par - à Washington
Mis à jour le 16 août 2022 à 14:47

Joe Biden montant à bord de Air Force One à Joint Base Andrews, Maryland, États-Unis, le 10 août 2022. © Shawn Thew/CNP/NEWSCOM/SIPA

Durant quatre ans, l’Afrique a été le cadet des soucis du président américain. Entre son désengagement militaire et ses déclarations humiliantes, Donald Trump s’en est tenu à son slogan : « America first », et qu’importe le reste du monde.

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Changement de style, de ligne, et désormais de politique. Avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en 2021, l’administration américaine tente de renforcer son influence sur le continent africain. Pour preuve, la visite début août du secrétaire d’État d’Antony Blinken en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo et au Rwanda.

« Soft power »

Portée sur les intérêts économiques comme sur les enjeux politiques, cette visite avait pour but de relancer le « soft power » américain autant que de s’emparer des dossiers qui comptent parmi les plus difficiles. Antony Blinken a ainsi déploré « les rapports faisant état de soutien de la RDC aux FDLR, comme de ceux faisant état du soutien du Rwanda au M23 », appelant à ce que ces soutiens cessent de part et d’autre.

Cette visite intervient alors que les États-Unis viennent d’annoncer la tenue d’un sommet avec les dirigeants africains, qui se tiendra du 13 au 15 décembre à Washington. Joe Biden, âgé de 79 ans, a rendu visite aux alliés des États-Unis en Europe, en Asie et au Moyen-Orient au cours des dix-huit premiers mois de son mandat, mais pas en l’Afrique, de sorte que le sommet marquera son engagement le plus significatif avec le continent à ce jour.

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