Santé

Afrique : tous au régime !

Les poids lours du continent : l'Égypte et l'Afrique du sud. © Francis Joseph Dean/Newscom/Sipa

Ils ne sont pas juste en surpoids, ils sont obèses. "Ils" ? Ce ne sont plus seulement les Américains, mais de plus en plus d'Africains.

Les Américains commençaient à trouver la blague un peu lourde : voilà des années que leur pays passe pour le plus touché par l’obésité. La dernière étude de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) leur ôte un sacré poids de la poitrine : non, ils ne sont pas les champions en la matière.

Se fondant sur des données de 2008, la FAO a classé les pays selon leur taux d’obésité, soit le pourcentage de la population adulte atteinte de ce mal. Résultat, les plus forts taux se trouvent dans les États les moins peuplés de la planète et/ou du Moyen-Orient : 42,8 % au Koweït, 35,2 % en Arabie saoudite ou 34,3 % en Jordanie. Et encore, ces derniers sont loin d’égaler les îles des Caraïbes ou d’Océanie, qui caracolent en tête du classement. Le record mondial (71,1 %) est ainsi détenu par Nauru (21 km2, dans le Pacifique), dont 6 600 des 9 322 habitants sont en surpoids. Les États-Unis ne comptent, eux, « que » 31,8 % d’obèses. C’est mieux, par exemple, que le Mexique voisin (32,8 %) – ce dernier étant cependant trois fois moins peuplé.

Un mode de vie et d’alimentation en évolution

L’étude révèle aussi que, bien qu’étant le continent le moins affecté par ce fléau après l’Asie, l’Afrique est de plus en plus touchée. Entre 1980 et 2008, la part de sa population obèse est passée de près de 3 % à plus de 11 %. Certains pays comme la Libye (30,8 %), la Tunisie (23,8 %) ou le Swaziland (23,4 %) ont franchi la cote d’alerte. L’Égypte (34,6 %) et l’Afrique du Sud (33,5 %) dépassent même les États-Unis. La rapidité du développement des pays du Sud, explique l’étude, entraîne une multiplication des facteurs aggravants de l’obésité : « transformation progressive de l’agriculture », « urbanisation », « sédentarisation », « demande accrue de plats cuisinés »… Les experts, qui parlent de « pandémie », préconisent des modifications de la chaîne alimentaire et la mise en oeuvre de politiques de prévention. Des mesures essentielles, surtout en Afrique, où le phénomène se conjugue à d’autres formes de malnutrition (sous-nutrition, carences…) et où il sera difficile de consacrer à la lutte contre l’obésité des budgets santé déjà bien maigrichons.

>> Consulter le rapport de la FAO ICI

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