Économie

Le Congo, levier majeur du plan d’Eni pour s’affranchir du gaz russe

Développement des énergies renouvelables, structuration d’une filière agricole, bioraffinage… À Brazzaville, Claudio Descalzi, PDG de la major italienne, a donné corps au projet d’exportation du gaz congolais, qui se déploiera à partir de 2023.

Mis à jour le 5 août 2022 à 16:04

Siège du géant italien des hydrocarbures, à Rome, © Arbitraggio/Fotogramma/ROPI-REA

Dévoilé en avril, le plan de la major pétrolière Eni-Congo pour augmenter sa production de gaz se précise. À l’issue d’un entretien avec le président Denis Sassou N’Guesso, Claudio Descalzi, président-directeur général de la compagnie italienne Eni, a fait des annonces importantes, le 2 août, à Brazzaville.

« Nous avons fait le point sur le projet d’exportation du gaz pour lequel nous avions signé un accord. Il débutera au quatrième trimestre de 2023 et donnera à terme la possibilité au Congo d’exporter près de 4,5 milliards de tonnes de mètres cubes de gaz », a révélé à la presse Claudio Descalzi, ajoutant que, dans le cadre de cette coopération « dynamique », plusieurs dossiers s’inscrivant dans la droite ligne du Plan national de développement 2022-2026 étaient en train d’émerger.

À Lire Gaz : Eni booste sa production de GNL au Congo-Brazzaville

« Nous avons discuté du projet agricole, notamment de la production d’huile pour les bioraffineries. Ce projet, qui a déjà démarré, se fera en plusieurs étapes. L’objectif étant de parvenir à produire environ 31 000 tonnes d’huile en 2023, 60 000 tonnes en 2024, et 150 000 tonnes en 2025. Nous avons commencé à former les agriculteurs et à signer des contrats avec eux », a détaillé Claudio Descalzi.

Multiplier les alliances stratégiques

Dans le cadre de la signature de l’accord sur le projet d’exportation de gaz, Brazzaville et Eni Congo s’étaient accordés en avril sur la définition « d’initiatives de décarbonation pour la promotion de la transition énergétique durable au Congo », avec le développement des énergies renouvelables et d’une filière agricole (non concurrente de la filière alimentaire) affectée à la production de matières premières nécessaires au bioraffinage. Une décision qui fait suite à la signature, en octobre 2021, d’un protocole d’accord sur le développement conjoint du secteur des biocarburants dans le pays, lequel fixe le cadre de la production industrielle d’huile de ricin qui permettra d’alimenter les bioraffineries d’Eni.

À Lire RDC : Eni, TotalEnergies, Exxon… Les majors prêtes à livrer bataille pour le pétrole congolais

Le 29 juin, lors de la présentation de ses résultats, Eni a également réaffirmé vouloir multiplier les « alliances stratégiques » à même de garantir à l’Italie et à l’Europe d’autres sources d’approvisionnement, dans un contexte de dépendance au gaz russe. De fait, les initiatives sont conçues pour fournir, d’ici à 2025, jusqu’à la totalité des 20 milliards de mètres cubes de gaz livrés annuellement par la Russie à l’Italie.

Après de nouveaux accords d’approvisionnement signés avec l’Algérie, l’Égypte et le Congo, la major italienne a annoncé que des opportunités pourraient encore se présenter en Libye, en Angola, au Mozambique, ainsi qu’en Indonésie.