Politique

Les Zimbabwéens votent, des fraudes déjà dénoncées par le camp de Tsvangirai

Mis à jour le 31 juillet 2013 à 09:20

Les Zimbabwéens sont appelés aux urnes aujourd’hui, mercredi 31 juillet. La position ambiguë de Premier ministre et d´opposant à Robert Mugabe – au pouvoir depuis 33 ans – risque de coûter la présidence du Zimbabwe à Morgan Tsvangirai. Son camp a déjà dénoncé les fraudes qui risquent d’entacher le scrutin.

C´était il y a cinq ans. Morgan Tsvangirai, chef du principal parti d´opposition au président Robert Mugabe, déplaçait les foules à chaque meeting de campagne. La ferveur était telle que certains de ses militants se disaient prêts à sacrifier leur vie. Si bien qu´il était arrivé en tête du premier tour de la présidentielle devant l´indéboulonnable Mugabe. En 2008, pour protester contre les violences exercées à l´encontre de ses partisans, Tsvangirai avait boycotté le second tour. Puis accepté un accord de partage du pouvoir, se satisfaisant du poste de Premier ministre en attendant sa revanche.

Le premier ministre a perdu de son aura

Mais au moment de la prendre au scrutin présidentiel d’ajourd’hui, il paraît usé par les années passées au pouvoir. Il a certes obtenu de bons résultats, à commencer par le redressement d´une économie en totale décomposition. Mais son image s´est troublée. « En 2008, c´était un homme neuf et les électeurs plaçaient tous leurs espoirs en lui », rappelle Macdonald Lewanika, directeur de l´association Crisis in Zimbabwe. Compromis après compromis, il a goûté au pouvoir et perdu une partie de son aura. Quant à sa vie personnelle instable – depuis qu´il a perdu Susan, son épouse, dans un accident de voiture en 2009 -, elle n´en finit plus de défrayer la chronique, en particulier dans les médias tenus par les pro-Mugabe.

D´après une étude réalisée par l´ONG Freedom House, son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), est devenu moins populaire que la Zanu-PF de Mugabe. Et Tsvangirai a déjà perdu la première manche en acceptant que le scrutin se déroule avant que les réformes qu´il réclamait – dont l´ouverture des médias et la dépolitisation de l´appareil sécuritaire – n´aient été mises en oeuvre. Résultat : il fait campagne pour une élection dont il ne cesse de clamer à l´avance qu´elle sera truquée et dont il risque d´être à nouveau la dupe.

Vingt-quatre heures avant le scrutin, le MDC dénonçait déjà des fraudes sur les listes électorales.