Politique

Élections sud-africaines en 2014 : les prétendants de Jacob Zuma

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L'opposant Julius Malema (au centre), à Johannesburg, le 11 juillet.

L'opposant Julius Malema (au centre), à Johannesburg, le 11 juillet. © ALEXANDER JOE/AFP

À l´approche des élections générales de 2014, l´impopularité croissante du président encourage de nouveaux candidats à tenter leur chance.

En février, Mamphela Ramphele lançait Agang  (« construire », en langue sotho) ; en juillet, c´était au tour de Julius Malema de présenter ses « Combattants de la liberté économique ». L´ancienne compagne de Steve Biko – martyr de la lutte contre l´apartheid – et l´ex-trublion du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, ne partagent pas les mêmes idées, mais ont le même objectif : attirer les déçus du président Jacob Zuma. À moins de un an des élections générales, ils sont de plus en plus nombreux.

Selon des sources internes, l´ANC redouterait de passer, pour la première fois, sous la barre des 60 % des suffrages. L´enthousiasme des syndicats et de la Ligue des jeunes de l´ANC (à l´époque emmenée par Julius Malema) pour Jacob Zuma lors de son accession au pouvoir en 2009 est aujourd´hui un lointain souvenir. À l´origine de cette désaffection, un monceau d´affaires de corruption et un taux de chômage trop élevé (plus de 25 % officiellement). La réélection de Zuma à la tête du parti, en décembre 2012, a repoussé les espoirs de changements à 2018 et ouvert la voie à de nouvelles formations.

Guerre fratricide entre les partis

Ce n´est pas la première fois que l´ANC se voit disputer son électorat naturel. En 2008, des proches de l´ancien président Thabo Mbeki, alors engagé dans une guerre fratricide avec Zuma, avaient fondé le Congrès du peuple (Cope). Ce mouvement, qui avait recueilli 7,4 % des voix en 2009, reste depuis miné par d´interminables divisions internes.

Pas de quoi ravir à l´Alliance démocratique (DA) le statut de principal parti d´opposition. Mais ce dernier peine à se défaire de l´image de « parti de Blancs » qui l´a, jusqu´à présent, empêché d´élargir sa base. Les 24 % des voix remportées lors des municipales de 2011 restent en effet son meilleur score.

Consciente de ses faiblesses, la formation dirigée par Helen Zille, une ancienne journaliste blanche qui fut hostile à l´apartheid, ne ménage pas ses efforts. Mi-juillet, elle a été ralliée par Buyelekhaya Dalindyebo, le roi des Thembu (la tribu de Nelson Mandela) au passé sulfureux – il a fait appel d´une condamnation pour kidnapping, agression et incendies volontaires.

Mamphela Ramphele, ancienne figure de la lutte, passée par la Banque mondiale et le monde des affaires, aurait été une prise de guerre plus consensuelle. Mais, après avoir été longtemps courtisée, elle a finalement décidé de se lancer seule dans la bataille. « Nous sommes en désaccord, non pas au niveau politique, mais parce qu´à la DA ils ne comprennent pas les profondes blessures psychologiques que nous a infligées le racisme », a-t-elle expliqué lors d´une conférence de presse, le 18 juin. La candidate, qui pourrait séduire une classe moyenne noire, lente à émerger, axe son discours sur la compétence et l´intégrité, mais son programme se différencie peu, sur le fond, de celui de l´ANC.

Malema séduit la jeunesse frustrée

Tout le contraire de Malema, qui, bien qu´exclu de l´ANC et poursuivi pour blanchiment d´argent, parvient à séduire, grâce sa verve, une partie de la jeunesse frustrée. Lors de l´annonce du lancement de son parti, le 11 juillet, il a confirmé sa volonté de saisir terres agricoles et mines toujours aux mains des Blancs. « Si vous ne voulez pas partager, vous serez forcés à le faire ! » a-t-il lancé à leur intention.

« Malema parvient à toucher un segment de la population à qui personne ne parle, analyse Fiona Forde, auteure de Malema. An Inconvenient Youth. Dans la ligne de mire du jeune tribun : la génération « born free » (« née libre ») qui n´a connu que l´ANC au pouvoir et entretient avec elle une relation moins affective. Cette jeunesse votera pour la première fois l´année prochaine et, selon les sondages – peu fiables en Afrique du Sud -, plus du quart des 18-34 ans pourraient porter leur choix sur le leader populiste.

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