Politique
Législatives au Sénégal, 31 juillet 2022© Montage JA Législatives au Sénégal, 31 juillet 2022
© Montage JA

Cet article est issu du dossier

Législatives au Sénégal : le test de confiance

Voir tout le sommaire
Politique

Sénégal : gros bras, lutteurs, ex-légionnaires… qui protège les politiques ?

Ils sont recrutés par les partis ou par les hommes politiques, dont ils assurent la protection rapprochée. Il arrive que ces agents chargés de faire régner l’ordre, parfois sans avoir suivi de formation spécialisée, provoquent la violence plus qu’ils ne l’empêchent.

Réservé aux abonnés
Par - à Dakar
Mis à jour le 30 juillet 2022 à 18:08

Un membre de la garde rapprochée d’un candidat à la présidentielle sénégalaise, en décembre 2012, à Dakar. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Dans le tohu-bohu des caravanes, sous les cris de la foule, les slogans politiques criés dans des micros qui grésillent, la musique à fond dans des haut-parleurs qui s’époumonent, ils sont ceux qui restent impassibles. Stoïques, concentrés, forcément impressionnants. Parfois le visage dissimulé derrière une cagoule. En charge de la sécurité de leurs « VIP », les agents de protection des candidats ont été en première ligne de cette campagne électorale – et ont parfois été eux-mêmes à l’origine de scènes violentes.

À Lire Sénégal : pourquoi le décès d’un manifestant proche de l’opposition pose question

Beaucoup viennent de l’armée, ou même de la Légion étrangère française. Certains furent recalés aux concours de la police ou de la gendarmerie. D’autres encore sont des maîtres d’arts martiaux et informent du nombre de dans (grades) sur leur ceinture noire comme d’un état civil. Pour les hommes politiques qui se sentent en sécurité, ils opèrent seuls ou à deux. Les personnalités publiques sur qui pèse une menace, elles, recrutent en nombre. L’homme d’affaires et opposant Bougane Guèye Dany, ainsi, assure se déplacer avec pas moins de 75 personnes à ses côtés. Hors période électorale, il est en permanence accompagné par six hommes armés. Et cela alors qu’il n’est pourtant pas candidat à ce scrutin législatif.

Plusieurs millions de F CFA par campagne