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Cet article est issu du dossier «Opulence et démesure, voyage au coeur de la planète fric»

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Société

Consommation : halal oui, mais halal chic

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Des pélerins pendant la prière, à La Mecque, le 24 octobre 2012.

Des pélerins pendant la prière, à La Mecque, le 24 octobre 2012. © Apaimages/Zuma-Rea

Être pieux et aimer le luxe : c’est le paradoxe vécu par les croyants les plus nantis.

Signe des temps, une bourgeoisie pieuse affiche ostensiblement ses goûts. De Casablanca à Kuala Lumpur en passant par Dubaï et Le Caire, de nouvelles habitudes de consommation obéissent à cette marchandisation croissante de l’islam. Et il y en a pour toutes les bourses, surtout pour les plus remplies. Les marques de luxe ont depuis longtemps saisi le potentiel du business religieux. Chopard ou Cartier ont repris la fameuse main de Fatma en bracelets et pendentifs, des bijoux qui s’arrachent dans les joailleries des grandes villes marocaines. Très célèbre dans le Golfe, l’enseigne de parfums orientaux Abdul Samad Al Qurashi est installée en plein coeur commercial de Casablanca. Boulevard d’Anfa, les clients viennent trouver les senteurs d’ambre et de musc qui embaument, à peine franchie la porte du magasin. Pendant le mois de ramadan, la promotion la plus courue est la réduction de 15 % sur le bois d’oud, une résine sombre qui prolifère sur certains arbres d’Asie du Sud-Est. On en tire une essence très recherchée et de l’encens de grande marque. La variété supérieure, provenant du Cambodge, atteint des prix très prohibitifs : jusqu’à 760 dirhams (68 euros) le gramme. La marque saoudienne a senti le potentiel commercial du marché marocain. Abdul Samad Al Qurashi, qui est présent dans quasiment tous les pays du Golfe, a aussi ouvert un magasin sur les Champs-Élysées. Ici, les clients ne sont pas seulement de bedonnants cheikhs en abaya noire. Garantis sans alcool, les parfums plaisent à une population diverse, soucieuse de se conformer à l’éthique islamique et très influencée par des standards moyen-orientaux. La gamme des produits et services halal ne s’arrête pas aux biens de consommation courante.

Ces dernières années, les agences de voyages rivalisent en produits luxueux pour les pèlerinages à La Mecque. Que ce soit le hadj (grand pèlerinage, une fois par an) ou la omra (petit pèlerinage, qui peut se faire à tout moment), les prix peuvent varier du simple au quadruple. Pour un séjour de quatre à cinq semaines, le prix tout compris par personne peut atteindre jusqu’à 110 000 dirhams. À ce tarif, l’hébergement 5 étoiles est proposé dans l’un des hôtels avec vue sur l’esplanade des Mosquées. Dans les chambres, des haut-parleurs diffusent l’appel à la prière. La proximité avec le Créateur n’a décidément pas de prix…

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