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Cet article est issu du dossier «Opulence et démesure, voyage au coeur de la planète fric»

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Société

Caprices de raïs

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Leïla Ben Ali, cruelle et despotique s’autoproclamait « déesse de la Tunisie »

Leïla Ben Ali, cruelle et despotique s'autoproclamait "déesse de la Tunisie" © FETHI BELAID / AFP

Aux pays des tyrans, rien n’est impossible. Pour obtenir tout et n’importe quoi, il suffit de l’exiger et d’y mettre le prix !

À l’inverse des employés indiscrets de Buckingham, les serviteurs des tyrans prennent soin d’attendre que leurs maîtres soient neutralisés pour s’épancher. L’épidémie qui a frappé les raïs arabes ces dernières années a libéré les bavardages. Le chef du protocole de Saddam Hussein, le majordome des Ben Ali et nombre de servants de Kadhafi ont partagé leurs souvenirs.

Ben Ali : pingre

Aux raïs, la toute-puissance : "Tout m’appartient, sauf vos postérieurs !" répétait Ben Ali à ses domestiques. Comparé à Hussein et à Kadhafi, le Tunisien fait figure de bourgeois plutôt pingre : il se fit ériger à Sidi Dhrif un palais splendide mais recensait le contenu de son réfrigérateur, et gare au voleur ! Ses seules folies étaient celles de sa femme Leïla, cruelle et despotique. "C’est moi la déesse de la Tunisie", hurlait-elle à la moindre contrariété.

Un festin prêt "au cas où", dans chacun de ses palais

Pour sa famille, le Tunisien n’était pas avare, faisant ainsi acheminer par avion depuis l’Europe un hot-dog réclamé par sa fille, alors enceinte. Surenchère côté libyen, où la bru libanaise de Kadhafi obtenait un jour d’envoyer un Airbus chercher son toutou à Beyrouth. Lorsqu’il prenait son jet, le "Guide" mobilisait deux autres avions, pour sa tente et pour ses véhicules. Dans ses excès, le roi des rois d’Afrique tentait de faire concurrence à la démesure babylonienne de Saddam Hussein. Luxe dérisoire, le pistolet en or, brandi lors de sa capture, n’était pas sans rappeler l’arsenal du même métal découvert dans les palais d’Irak. Le nouveau Nabuchodonosor exigeait ainsi qu’un festin soit prêt chaque jour dans chacun de ses palais et possédait, dit-on, 20 000 voitures.

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